Mémorables, I
Et dans V Apologie : « Ayant annoncé à bon nombre de mes amis les desseins du dieu, jamais je n'ai été convaincu de mensonge '. »
Dans les passages de Platon que nous allons citer, il ne faut retenir que la définition, et négliger le fait particulier à propos duquel intervient le signe démonique; Platon, bien certainement, n'a pas inventé ce signe; il le décrit même avec plus de précision que Xénophon, et, sans doute, avec plus d'exactitude; mais il l'évoque quand il lui plaît, sans souci de la vérité historique.
« J'ai senti tout à l'heure cette chose divine et ce signal accoutumé qui m'arrête toujours au moment d'agir; il m'a semblé entendre à l'instant une certaine voix qui me défendait de... ^ » etc.
« Je m'étais levé pour sortir quand le signal divin accoutumé me retint ; je m'assis donc de nouveau ^. »
« Quand ceux qui m'ont quitté viennent de nouveau pour renouer commerce avec moi, la chose divine qui se produit en moi me défend de converser avec quelques-uns et me le permet avec quelques autres \ »
« La cause (de ma réserve) n'était point quelque chose d'humain, mais un certain empêchement divin... Le dieu ne m'a pas permis de te parler jusqu'ici, afin que mes paroles ne fussent pas perdues ; j'attendais sa permission ; aujourd'hui il me le permet, car tu es capable de m'entendre... Mon tuteur est meilleur et plus sage que
J. Apologie, 13.
2. Phèdre, p. 2i2 h. M. Fouillée traduit : « J'ai entendu par ici une ■certaine voix; » Cousin : « de ce côté. » Le texte n'impose pas ce sens : a-JTÔfJev est aussi bien adverbe de temps qu'adverbe de lieu, et, dans tous les autres textes que nous citons, jamais la voix ne vient du dehors.