‹ La parole intérieureChapitre 8 sur 66 · Recherches, cli. III, p · texte numérisé non relu

Recherches, cli. III, p

en successions régulières dans la conscience ; mais comme il ne Ta pas dit non plus des mots, et comme cette omission n'est évidemment chez lui qu'un oubli, on pourrait croire qu'à ses yeux les deux langages ne difTèrent point à cet égard, et qu'ils alternent en nous selon la nature des objets que considère notre pensée. Si l'on y regarde de plus près, et si l'on éclaire son commentaire souvent répété de la phrase de Rousseau par une page où il décrit la première éducation de Tenfant civilisé \ on voit qu'il considérait les deux langages comme d'ordinaire simultanés; quand l'esprit s'attache à des objets qui ne tombent pas sous les sens, alors seulement " l'imagination s'arrête », comme dit Rousseau, et le mot intérieur reste seul pour accompagner l'idée ; o*r le cas contraire est très rare, sauf dans la première enfance, car les idées générales, alors même que leurs objets font partie de la nature visible, impliquent l'activité de l'entendement et supposent la conception de rapports purement intellectuels - ; la parole intérieure, accompagnée ou non d'images, doit donc être presque constante, du moins à partir de l'adolescence. Sans doute, les enfants « ont des images avant d'avoir des idées =■ », et le langage visible se développe avant le langage des sons; sans doute aussi, puisque « la vue est le sens de l'imagination et des corps, l'ouïe celui de l'entendement et des idées % » les sourds-muets « ne pensent que par images » et '< n'ont point d'idées ^ » ; les aveugles n'ont point d'images, ne pensent que des idées, au

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