DA ARTS
I prévient qu'il aura probablement encore un accès de fièvre le lendemain 17 septembre, car ses accès reviennent depuis quelque temps tous les deux jours. Il est très pâle, d'une couleur terreuse ; sa rate et'son foie, faciles à sentir au niveau du rebord des côtes, ne sont pas beaucoup hypertrophiés.
L'analyse des urines revèle une notable quantité d’albumine.
On fait, préventivement, trois injections de quinine et on prescrit du lait et de l’eau de Vichy, que le malade vomit aussitôt après l’ingestion.
Le 11, à 4 heures du matin, le malade est pris d’un violent frisson et, peu après, le thermomètre marque, dans l’aisselle, 41°4. En même temps, il tombe dans une somnolence d’où on ne le < tire qu'avec beaucoup de peine. Il répond encore aux questions qu'on lui pose ; mais, 7 heures après le début de l’accès, il est dans un coma profond avec respiration tantôt suspiriense, tantôt stertorense.
En présence de l'albuminurie constatée la veille, on pense que l'urémie vient compliquer le paludisme : on pratique, à l’avant-bras, une saignée de 350 grammes et on applique 5 sangsues derrière chaque oreille. Les sangsues sont remplacées à deux reprises, en sorte qu'on applique en tout trente sangsues. Au bout de 2 heures, par la saignée ou par les sangsues, le malade a bien perdu 500 à 600 grammes de sang.
À 4 heures de l'après-midi, le coma cesse ; l’hébétude est beaucoup moins forte qu'on ne pourrait le craindre après ces formidables secousses, et le malade paraît hors de danger immédiat à 6 heures du soir.
Le lendemain, on donne un drastique énergique, 40 grammes d’eau-de-vie allemande et quelques verres de lait.
Les vomissements diminuent peu à peu.
Nombreuses injections de quinine et diète lactée absolue.
Au bout de huitjours, le malade est complètement métamorphosé. Ni névralgies, ni vomissements, ni dyspepsie.
Le 1° octobre, il quitte l’hôpital, complètement guéri.
Il est inutile de multiplier les exemples : comme l’anatomie-pathologique, comme les symptômes cliniques, le traitement des accès pernicieux comateux par lesémissions sanguines
du CAE
largemént pratiquées nous autorise à penser que certains de ces accès tirent toute leur gravité des phénomènes urémiques qui les accompagnent : il y a donc lieu de décrire une forme comateuse d'accès pernicieux où l’urémie joue le principal rôle, un accès pernicieux comateux urémique.
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