‹ La Part de l'Urémie dans les Accès Pernicieux ComateuxChapitre 17 sur 27 · RER · texte numérisé non relu

RER

Régime lacté jusqu'à cessation de l’albuminurie; nombreuses injections de quinine.

Le malade part, un mois après, en congé de convalescence, complètement remis de sa formidable secousse.

OsservaTion XVIII

Accès pernicieux comateux. — Albumiuurie. = Urémie.— Saignée copieuse. Guérison.

Le 1° octobre 1899, on amène à l'hôpital militaire de Philippeville le nommé Salah-ben-Mekki, trouvé sans connaissance sur Le route de Filfila, dans la matinée.

C'est un indigène d’une vingtaine d'années, venu quelques jours auparavant dans le service de médecine pour des accès palustres qu'il avait contractés au camp des Zouaves en travaillant à une conduite d’eau de la ville. Il avait quitté l'hôpital après deux jours de traitement parce qu'on lui faisait des injections sous-cutanées de. quinine et que cette HEAR n'était pas de son eau (26 septembre).

Les accès qu'il avait ae à ce moment étaient de forts accès, 40°8 et 41°7 dans l’aisselle, sans allures pernicieuses. Il n’y avait pas d’albumine dans les urines. Quand on rapporta le malade à l'hôpital, le 1°’ octobre, il était dans le coma le plus profond; respiration stertoreuse, pouls dur, irrégulier.

La vessie contient environ 250 grammes d'urine foncée, chargée d'une forte proportion d’albumine.

On porte le diagnostic d'accès pernicieux comateux urémique. Injections de quinine, d'éther, de caféine ; la poitrine est couverte de ventouses sèches et on pratique au pli du coude une saignée de 400 gr ammes, malgré la pâleur terreuse du malade.

Deux heures après, le malade reprenait connaissance et sortait guéri au bout de huit jours. Cette fois encore, le malade demanda à sortir parce qu’on ne le soignait pas au. gré de ses désirs ; le régime. lacté exclusif n'ayant pas été supporté, on avait donné des aliments avec du lait comme boisson aux repas et fait usage de drastiques (eau-de-vie allemande).

CHMGO TUE,

Le malade revint à l'hôpital l'année suivante pour des accès de fièvre, mais non pour des accès pernicieux ; il n'y avait pas d’albumine dans ses urines à ce moment-là,

OgsErvarion XIX

Accès pernicieux comateux. — Albuminurie. -- Urémie, — Abondante émission sanguine. — Guérison.

Jean-Marie Cho..., détenu à l'atelier de travaux publics de Bougie, employé à la construction du village de Richelieu, est apporté à l'hôpital militaire de Djidjeui, en juin 1891, dans un état des plus alarmants.

Le qui l'accompagne raconte que, depuis une dizaine de jours, Cho... a des accès de fièvre journaliers très violents, accès se manifestant tout d'abord par un grand frisson, puis par une chaleur intense et finissant par une sueur abondante. L’entrepreneur pour lequel travaillent les détenus lui a donné de fortes doses de quinine, mais le malade n’a pu la supporter ; il vomissait, du reste, tout ce qu'on lui donnait : remèdes, aliments, boissons.

Le 17 juin, il fut évacué sur Djidjelli dans une prolonge du train des équipages. A la dernière étape, il fut pris d'un accès plus violent que les autres, à la suite duquel il perdit connaissance. C’est dans cet état qu'il entre à l’hôpital militaire de Djidjelli, le 20 juin.

La perte de connaissance et la résolution sont complètes ; le coma, avec stertor, dureté et irrégularité du pouls, absolu. Aucune excitation ne parvient à faire remuer le malade qui est comme un véritable cadavre.

Il ne peut y avoir de doute ; c'est Bien un accès pernicieux comateux. Comme le malade présente un léger œdème des malléoles et des jambes, on pratique le cathélérisme pour avoir un peu d'urine à analyser. Les quelques grammes d'urine extraits de la vessie se coagulent en masse par la chaleur ; c'est de l’albumine à peu près pure.

On pratique des injeetions de quinine, d'éther, de caféine; on administre aussi des lavements d’eau salée. En même temps,on met derrière chaque oreille cinq sangsues, qu'on remplace au fur et à

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mesure qu'elles tombent. On entretient l'écoulement de sang pendant seize heures, jusqu’à ce que le malade sorte peu à peu de sa léthargie. La perte totale de sang peut être évaluée à 500 grammes.

Régime lacté absolu ; injections de quinine. Le malade n’a plus eu d'accès de fièvre après celui qui a failli l'emporter. L’albuminurie a duré 48 jours. Le malade a fini par guérir, conservant une faiblesse générale très grande. Il retourna à Bougie, au mois d'octobre suivant, dans un état très satisfaisant.

OBsSERVATION XX

Accès pernicieux comateux. — Albuminurie. — Urémie. — Saignée copieuse. — Guérison.

Le 11 septembre 1891, on amène de Taher à l'hôpital militaire de Djidjelli M. S..., propriétaire sur les bords de l’'Oued-Nil, atteint de fièvres intermittentes graves.

Le malade, âgé de 27 ans, habite depuis cinq ans la vallée très insalubre de l’Oued-Nil, où il a créé une exploitation agricole. Il a . eu de nombreux accès de fièvre intermiltente et a dû entrer une fois déjà à l'hôpital pour s’en débarrasser. :

Pendant tout l’été de 1891,il a eu de violentes névralgies faciales, paraissant revenir à époques fixes et qu’on a prises pour des excès de fièvre larvée ; on lui a donné alors beaucoup de quinine, mais sans grand succès. Depuis le commencement d'août, il souffre, en outre, de dyspepsie continuelle caractérisée par des vomissements pituiteux survenant toute la journée, sans périodicité aucune, et par une difficulté énorme à digérer quoi que ce soit. Il attribue ces troubles dyspeptiques à la grande quantité de quinine qu'il a absorbée.

Enfin, le 7 et le 9 septembre, il a été pris d’un violent accès de fièvre, avec frisson intense et vomissements bilieux incoercibles. Ces deux accès de fièvre ont été suivis de torpeur cérébrale et de somnolence invincible qui ont fortement inquiété l'entourage du malade. | :

Quand le malade arrive à l'hôpital, il est dans un état de faiblesse extrême ; il n’a pas de fièvre, mais est dans un état nauséeux continue), il ne peut rien garder des boissons qu'il absorbe avec avidité : pas le moindre appétit.| |

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