‹ La Part de l'Urémie dans les Accès Pernicieux ComateuxChapitre 4 sur 27 · L'ACCÈS PERNICIEUX COMATEUX DES AUTEURS · texte numérisé non relu

L'ACCÈS PERNICIEUX COMATEUX DES AUTEURS

Pour étudier plus facilement l’évolution des idées sur les fièvres pernicieuses comateuses, je diviserai cet historique en trois périodes :

1° Une période ancienne, depuis Hippocrate jusqu'au seizième siècle, où tout est bien confus :

2 Une période moderne, depuis le XVI siècle jusqu'en 1840, époque à laquelle fut décrite l’urémie presque simultanément . par Addisson et par Rayer; |

3° Enfin, une période contemporaine, où quelques auteurs parlent explicitement de l'intervention possible sinon probable de l’urémie dans les fièvres pernicieuses comateuses.

4° PÉRIODE ANGIENNE. — Nul doute que le père de la médecine n'ait connu les fièvres paludéennes. Bien que l’ancienne

Grèce fut plus fertile, plus salubre et plus peuplée que l'Hellade de nos jours, le paludisme devait y sévir en maints endroits marécageux, notamment sur les bords de la mer, à l'embouchure des fleuves, où chaque inondation remaniait et augmentait les alluvions récentes. Pour le savant commenta- “teur et traducteur des livres hippocratiques, la question ne comporterait pas le moindre doute.

Littré (1) établit, en effet, que les fièvres décrites aux premier et au second livres des épidémies étaient identiques

à celles que nos médecins militaires, et particulièrement Maillot, observèrent en Algérie, au début de la conquête, et

présentaient tous les caractères généraux des fièvres palu-

déennes : invasion et marche rapides, intermittence et redou-

blement fébriles, gonflement de la rate, douleur dans les hypochondres, phénomènes de Ssudation et d'algidité succédant à la fièvre chaude ; souvent aussi, ces fièvres devenaient plus continues et plus graves et se compliquaient de délire et de longue Somnolence. Cet ensemble de symptômes reproduit bien le tableau complet des accès intermittents paludéens et particulièrement des accès soporeux. |

Celse, Galien, Arétée, Cœlus Aurelianus, Paul d'Egine, n'ajoutèrent rien aux descriptions du médecin de Cos, et leurs commentaires des livres hippocratiques ne firent que les obseurcir.

Pas la moindre lueur, non plus, dans la sombre nuit du

moyen âge. La question ne fit aucun progrès jusqu’à la fin du X VF siècle. |

2° PÉRIODE MODERNE. — A cette époque, Mercatus (2) ensei-

(4) Littré. — OEuvres d’'Hippocrate. , (2) Mercatus. — De l'essence, de la différence et du traitement des fièvres (Valladolid, 1586).

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