Ibid., pp. xxxvi sq
de réception de M. Taine, il lui parle, d'un bout à l'autre, en chrétien. Il a même la hardiesse de lui dire : « Aujourd'hui, on veut faire de la pensée une simple sécrétion du cerveau, un produit chimique. Mais la chimie connaît ses limites, et ce n'est pas elle qui prétend les franchir. » Au terme des investigations que vous avez poursuivies sur la personnalité humaine, on voit apparaître « sa cause et la cause de l'Univers ». Et en somme, « la notion de l'âme et celle de Dieu (sont) des axiomes qui ne sont pas susceptibles de démonstration (scientifique) et n'en ont pas besoin ^ )>, Devant l'Académie des Sciences, il s'écriait : « Dieu a tout fait avec nombre, mesure et poids. Ces paroles du livre de la Sagesse datent de deux mille ans, et les chimistes y trouvent touj ours l'expression fidèle des harmonies observées^. » Et encore : « Le Dieu de la révélation est le même que celui de la nature. » Et encore : « La science ne tue point la foi, et la foi tue encore moins la science ^. » Ses œuvres abondent en déclarations de ce genre. On peut dire que c'est sa préoccupation
1. Disours, II, pp. lïS sq.Gf. 122,141. « G'esl lui-même qui parlant de ses propres travaux, disait : « Au-dessus de la sphère des phénomènes que nous étudions et où nous avons tant de découvertes à poursuivre, il y a une sphère supérieure que nos méthodes ne peuvent atteindre. Nous commençons à comprendre la vie des corps : la vie de l'âme est d'un autre ordre » (Comte d'Haussonville Discours prononcé aux obsèques de Dumas, dans C. B. Acacl. des Se, XGVllI (188.5, ii) 955).