BiOT, Mélanqes, III p
ZdïJ LES CROYANTS ET LES PROGRES DE LA SCIENCE
battus. Il était attiré par les questions étranges, par les problèmes obscurs. » Ses amis « avaient le droit et auraient pris l'habitude de lui demander (en le rencontrant), non pas : « Qu'avez-vous fgit de nouveau ? » mais : « Qu'avez-vous d'étonnant à nous dire ? * » Citons, parmi ses inventions étonnantes, l'emploi du coton-poudre comme explosif -, l'ozone et les propriétés du ruthénium en éponge. Or, ce savant pénétrant et original a été, on peut dire, effrontément chrétien et il a relié perpétuellement sa foi à sa science, s'élevant à toute occasion de l'ordre de la nature à la Sagesse et la Puissance infinies, réfutant l'abus que de « faux savants » font des résultats de la science pour nier Dieu. La vraie science, dit-il, ne fournit à de tels errements « aucune base », mais, au contraire, « celui qui regarde d'un oeil pénétrant l'activité et la force créatrice de la nature, celui-là ne croira pas seulement, il verra en pleine évidence et dans une conviction profonde qu'il n'y a pas, dans l'espace, le plus petit coin où l'existence de Dieu ne se révèle de la manière la plus étonnante et la plus admirable ». Il se félicita, lui, d'avoir eu pour maître un
1. J.-B. Dumas, C. R. Acad. des Se, LXVII {1868, 2" sem.) 619 sq.
2. Pôlouze, nous l'avons dit, avait découvert le coton-poudremais sî*is en remarquer les propriétés balistiques. Voyez les curieuses remarques de J.-B. Doaias, Discours, 1, pp. 158-160. Schônbein d'ailleurs ne réussit pas à utiliser pratiquement, à domestiquer cette force, il fallut attendre les travaux de Paul, Marie-Eugène Vieille (né en 1834), en 1884.
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tiomme (Schubert) « joignant à l'érudition la plus profonde la foi la plus vivo ». 11 se reproche, comme Lino « idolâtrie » de se laisser entraîner quelquefois ^ ne vivre que pour la science, et il voit dans l'oubli les choses éternelles la cause de la décadence des [)eu])les \ Bref, c'est le croyant dans toute la force iu terme et dans toute sa fierté.
Karl - Remigius Fresenius (1818-1897) s'est Darticuhèrement distingué dans la chimie analytique. Les Comptes rendus de la Société des chimistes illemands témoignent de « ses convictions religieuses )rofondes "^ ».
Sir William Ramsay (1852-1917) a fondé une école le chercheurs qui a fourni de nombreux matériaux ï la science. Il est surtout célèbre par la découverte ju'il a faite de cinq gaz nouveaux dans l'atmos- >hère (hélium, argon, krypton, néon et xénon) et 3ar les études qu'ils lui ont inspirées et qu'il a expo- ;ées, notamment, dans son livre Gazes of the amosihere (1892). Le premier, il a montré que le radium iégage l'hélium. Dans un de ses ouvrages, après ivoir montré l'importance de la chimie pour les progrès de l'industrie et de la civilisation, il ajoute : [ C'est là un des motifs d'étudier la science de la *himie ; à mon avis, ce n'est pas le plus important : me fin assurément plus digne d'être poursuivie, î'est d'étendre les limites des connaissances
1. Kneller, pp. 203-212, cite tous ces témoignages et d'autres incore.