Id., Grands Hommes, pp. 266 sq
4. Entre les mains de Van der Waais, de Bakhuis Roozeboom et de Van't Hoff, la loi des phases est devenue « l'une des règles
Génie étrange et puissant, créateur d'une science nouvelle très précise et très riche d'avenir : tel est donc Willard Gibbs.
Sur ses sentiments religieux, ses ouvrages sont muets, et il fallait s'y attendre, Mais on a inséré, en tête de ses Scientific papers, une notice où l'on avoue en termes discrets sa foi de chrétien : « Les mêmes grandes qualités (qui marquent son œuvre scientifique) se retrouvent, nous dit-on, dans son caractère personnel : sans aucune arrogance dans les manières, doux autant que génial dans son commerce avec ses confrères, ne laissant jamais percer la moindre impatience ou irritation, exempt de toute ambition personnelle, du moindre désir de se faire valoir, il a réahsé l'idéal du chrétien désintéressé (unselfish Christian gentleman). Dans l'esprit de ceux qui l'ont connu, la grandeur de son œu%Te intellectuelle (intellectual achievements : ses exploits intellectuels) ne fera jamais oubher la beauté et la dignité de sa vie i. »
A une demande de renseignements, le professeur A. W. Philip- ps, une des collègues de Gibbs à l'Université de Yale, a bien voulu répondre (4 février 1913) : « Le P^ Gibbs était un congrégationaliste. Il appartenait à l'église du Collège de Yale. Je ne
directrices les plus précieuses de la chimie moderne » (Pieure DuHEM, Thermodynamique et Chimie. Paris, Herman, 2« édit., 1910. Préface, viii.)
1. Biographical Sketch, by H. -A. Bcmstead, p. xxvii, en tête de Touvrage de Josiah Will.vrd Gibbs, The scientific papei's. London, Longmans and Green, 1906, tome 1.
pense pas qu'aucune de ses biographies ait touché au côté rehgieux de sa nature. C'était un noble chrétien (a noble Christian gentleman), un modeste ; il ne parlait jamais, même à ses amis les plus intimes, de ses sentiments rehgieux. »
En somme, par discrétion ou par manque d'expansion, surtout peut-être par une sorte de modestie, par le souci de ne pas se mettre en scène, il ne parlait pas de ses sentiments religieux, mais il les mettait dans sa vie, au point de donner l'impression d'un « noble chrétien ».
§ 2. — Les grands ouvriers.
Après les fondateurs, sont venus les grands ouvriers qui ont continué leur œuvre. Ils se rattachent surtout aux noms de Sainte-Claiie Deville et de Gibbs.
Au nom de Gibbs, se rattache a celui des trois glands physiciens hollandais, van der Vaals, Bakhuis Roozeboom et Van't Hoff, dont les recherches expérimentales ont fait fructifier les théorèmes de l'illustre mathématicien américain », et qui « ont su faire (de la loi des phases, de Gibbs) l'une des règles directrices les plus précieuses de la chimie moderne ^ ».
Waals vit encore.
Hendrick-Wilheim Bahhuis Roozeboom (1854-