RousE Ball, II
3. E. Dennert, Die Religion der Naturforscher. Berlin, Verlag der Vaterlândischen Verlags und Kunstanstalt, 7» édit., 1908, p. 43.
4. Il a étudié notamment les propriétés de l'hyperespace bomoloïdal et les principes fondamentaux de l'algèbre. « L'examen de ces questions est si technique, dit Rouse Ball [ouv. cité, 175 sq.), que nous devons nous contenter d'y faire allusion dans un livre tel que celui-ci. »
Pfaff (1825-1886), que Laplacc tenait pour le premier mathématicien de cette nation : deux protestants profondément religieux i.
En France, Louis Poinsot (1777-1859), l'un des principaux rénovateurs de la mécanique, célèbre par sa clarté, son originalité, sa profondeur - ; — Gaspard-Gustave de Coriolis (1792-1843), l'auteur du fameux théorème qui porte son nom, et l'un des grands savants dont nous avons vu que Cauchy se faisait gloire de partager les croyances ; — Pierre-Charles-François Dupin (1784-1873), qui découvre, à seize ans, les propriétés des surfaces appelées depuis les cyclides de Dupin ^ ; — Michel Ghasles (1793-1880), la personnification de la géométrie pure, « l'empereur de- la géométrie' »,
1. Par exemple, Pfaff écrit à son frère : « Ne perds jamais de vue le point de vue religieux. » Grassmann écrit un livre d'apologétique sur la perte de la foi. Voyez Kneller, pp. 51, 69 sq.
2. « Lui seul peut-être a pu dire aux savants les plus illustres : Je vous ignore, et marcher auprès d'eux en restant leur égal » (J. Bertrand, Eloç^e historique de Louis Poinsot, dans Mémoires de l'Académie des Sciences, 2° série, XLV, ISiJÛ, p. xci). « L'œuvre capitale de Poinsot. dans son âge mûr, a été ses grands travaux sur la dynamique des corps solides » (Ibid., p. xc). «Nous avons appris avec un grand bonheur que l'illustre géomètre a reçu en pleine connaissance les secours de la religion », dit l'abbé Moigno, Cosmos, X (1839) 675.
3. Voyez J. Bertrand, Eloges Académiques, 221-247, et Moi- G^o, Les Mondes, XXX (1873) 133. Son gendre, le comte du Hamel, dans une lettre à l'Académie des Sciences, écrivait : « M. Dupin est mort en pleine connaissance, patient, résigné, réconforté par la foi, muni des sacrements de l'Eglise et confiant dans la miséricorde divine. » Cité par Moigno, Ibid., 1889.
4. C'est ainsi que l'appelle « un illustre géomètre », au dire de Rouse Bail, II, p. 214.
o2 LES CROYANTS ET LES PROGRÈS DE LA SCIENCE
« le chef, sans contredit, du grand mouvement qui, de notre pays, se propagea à l'étranger et releva la géométrie au rang de l'analyse ' « ; — Victor Puiseux (1820-1883), le successeur de Cauchy à la Sorbonne et l'un de ceux qui lui ressemblaient le plus par la grandeur du talent et la noblesse du caractère ^ ; — Eugène Vicaire (1839-1901), qui mit une activité prodigieuse au service des talents les plus rares et les plus divers ^ : Tous, catholiques fidèles, à l'exception de Chasles,
1. Paul Tannery, dans la Grande Encyclopédie, X, 826. Le même auteur dit {ibid.), du grand ouvrage de Chasles, Aperçu historique sur l'origine et le développement des méthodes en géométrie, qu'il « restera sans doute longtemps encore l'œuvre la plus savante, la plus profonde et la plus originale que puisse inspirer l'histoire de la science ». M. Bouquet, dans C. R. Acad. Se, XCI (18S0, II) 1008, célèbre « son dévouement à tous ses devoirs, sa fin chrétienne ».
2. Voyez J. Bertrand, Eloges acad., 27o-28o, et Pir. Gilbert, Victor Puiseux, dans Revue des Questions scient., XV (1884) 1-37 ; surtout 34-37 pour les témoignages de sa foi profonde et pratique.
3. Il menait de front les fonctions administratives les plus absorbantes (secrétaire du Comité de l'exploitation technique des chemins de fer au ministère des Travaux publics, vice-président du Conseil général des Mines, etc.) avecl'enseignement (par exemple, il a occupé la chaire de Mécanique céleste au Collège de France et, en même temps, celle de mathématiques à l'Institut catiiolique) avec des présidences de sociétés (Société scientiflque de Bruxelles, Société mathématique de France, Société philomathique de Paris), avec les travaux scientifiques les plus profonds sur la mécanique céleste, sur l'astronomie phj'sique, sur les hauts fourneaux, où il a résolu « des problèmes que l'on n'avait auparavant même pas songé à poser », sur la technique des chemins de fer, qui garde encore sa trace sur beaucoup de points très importants. Voyez M. d'Ocagne. article Eugène Vicaire, dans la Revue des Questio7is scientifiques, XLIX (avril 1901) 420-431. Quant à ses sentiments religieux, ils sont attestés, ibid., p. 423 : «Fermement attaché à la foi catholique », etc.
qui fut un converti de la dernière heure, mais qui revint à Dieu, « dans toute la plénitude de sa volonté et de son intelligence » et mourut plein de confiance et de sérénité ^.
Nous n'avons pas, en dehors des grands initiateurs, à épuiser, ni pour les croyants ni pour les incroyants, la liste des noms illustres. Nous croyons cependant devoir mentionner encore Legendre, Jacofci, Lie et Bertrand.
Sur Adrien-Marie Legendre (1752-1834), le successeur de Lagrange au Bureau des Longitudes, l'auteur de la loi qui porte son nom et de célèbres travaux sur les fonctions elliptiques ; de même que sur Charles- Gustave- Jacob Jacobi (1804-1850), l'admirateur et le continuateur d'Abel ; et sur Sophus Lie (1842-1899), qui a fait la théorie générale des groupes continus finis de substitution, nous ne savons rien de suffisamment précis, et nous les compterons au nombre de ceux dont l'attitude religieuse nous est inconnue ".