‹ La part des croyants dans les progrès de la science au XIXe siècle (volume 2)Chapitre 32 sur 176 · Voyez Beime Quest. scient., IX · texte numérisé non relu

Voyez Beime Quest. scient., IX

2. Nous ne connaissons, sur Legendre, rien de plus que les très brèves allusions de Mai. Marie (X, pp. 110 sq., 116, 122) : D'une part « Legendre avait accueilli avec joie le mouvement révolutionnaire, à son origine » ; d'autre part, il avait été, au collège iMazarin, distingué par « son excellent maître », l'abbé Marie, qui « le prit en aUection », et le poussa dans la carrière; et enfin sa veuve, en souvenir de lui, semble dire l'auteur, et pour continuer ses traditions de bienfaisance.. « légua, à la commune

« Vous étiez célèbre à dix ans. » C'est ainsi que débutait Pasteur en recevant Bertrand à l'Académie française i.

Il n'exagérait pas : Joseph Bertrand (1822- 1900) fut un enfant prodige. A cinq ans, il savait lire sans avoir jamais eu un alphabet entre les mains. « A l'âge où l'on joue aux billes », il allait au Jardin des Plantes, suivre les leçons de Gay- Lussac ; on le voyait ensuite, à la Sorbonne, écouter les conférences de Saint-Marc Girardin ou quelque cours de législation comparée ^ A onze ans, il était autorisé, à titre d'essai, à subir les épreuves d'admission à Polytechnique et il eût mérité d'être reçu. A dix-sept ans, il y entrait avec le premier numéro.

« Mais, lui disait Pasteur, à l'inverse de ce qui attend d'ordinaire les petits prodiges, votre vie a réalisé les promesses de votre enfance. Vous étiez à vingt-cinq ans un de nos plus grands mathématiciens ^ »

d'Auteuil, la maison de son mari pour en faire un presbytère et une école ». De Jacobi, nous savons seulement, par une obligeante communication du R. P. Kneller, qu'il était d'origine juive, et qu'il parle de Dieu une fois dans ses ouvrages. Sur Sophus Lie, nous n'avons aucun renseignement.

4. Ce discours est reproduit dans les Eloges académiques de Bertrand, pp. 19-38.

2. Voyez René Vallery-R.\dot, La vie de Pasteur. Paris, Hachette, 13« édit., 1911, pp. 607 sq., et la Grande Encyclopédie, VI, p. 468.

3. Voyez Eloges acad., pp. 19 sq. Ce jugement de Pasteur a été ratifié par les mathématiciens. Voyez C. R. Acad. Se, CXXX (1900, I) et Max. Marie.

Les écrits de Bertrand, ceux du moins que nous avons parcourus, sont muets sur ses sentiments religieux. II semble même prendre à tâche de dépister à cet égard la curiosité du lecteur et de témoigner en général, à droite et à gauche, une même neutralité bienveillante ^ Mais un article nécrologique, publié par M. Henri de Parville, dans La Nature, contient cette phrase, qui a toute la netteté désirable : « Il s'est éteint sans souffrance, après avoir reçu les consolations de l'Eglise, dans toute sa lucidité ^. »

Et en rapprochant cette liste, si incomplète qu'elle soit, des constatations déjà faites pour les grands initiateurs, on peut dire que les croyants ont fait bonne figure parmi les mathématiciens.

\. Voyez, par exemple, Eloges académiques, p. 360 sq. ; — Les çp'ands écrivaini français : D'Alembert. Paris, Hachette, 1889, pp. 1. 64, lOo, 129 ; — Les fondateurs de l'astronomie moderne, l'aris, Hetzel (sans date), o» édit., pp. 27, 121, 254, 349-331. Même quand il mentionne — ce qui est rare — la foi de ceux dont il fait l'éloge (par exemple pour Elie de Beaumont, dans Eloges académiques, p. 102), c'est en des termes qui ne laissent pas percer une préférence. Voyez quelques anecdotes dans les Soiiveairs du P. JuLLiEN, Etudes, GXXVII (mai 1911) 341-344.

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