C. R. Acad. Se, C
3. Pour Andrews, voir Manley, 13. Pour Stewart, voir ci-dessus,
Robert Brown (1773-1858), un botaniste : mais qui n'en avait tiré aucune idée neuve ; or c'est « l'idée neuve et féconde » qui constitue la découverte *. Elle a été fournie par Ramsay, Carbonnelle et Delsaux, qui ont expliqué le mouvement brownien par l'état calorifique des fluides -. Nous retrouverons Ramsay parmi les chimistes. Ignace Carbonnelle (1829-1889) et Joseph Delsaux (1828-1891) étaient deux jésuites.
On peut distinguer quatre phases dans l'œuvre scientifique de Louis-Paul Gàillëtët (18i2-1914), une phase métallurgique, une phase physico-chimique, une phase physique, la phase de l'Aéro-Club . Partout il s'est distingué par de grands travaux ; mais c'est dans la troisième pha?e qu'il ?i'est acquis le plus de renommée, en étudiant l'action de la pression sur les phénomènes physiques. Il a inventé et créé de toutes pièces les instrmiients employés dans l'industrie actuelle des gaz comprimés ou Uquéfiés. La plupart des gaz connus avaient été hquéfîés déjà par Faraday ; six seulement résis-
1. Cl. Berxard, Introduction à la médecine expérimentale. Paris, Delagrave, 2« édit., 1903. le répète souvent. Voyez, par exemple, p. 57.
2. Voyez Pekrin, Les Atomes. Paris, Alcan, 4« édit., p. 126. D'après l'article duR. P. Th'wion A^n?, Revue des Questions scientifiques sWl (1880) 39-5b, Delsaux ne serait pas intervenu dans la découverte ; mais Carbonnelle, ayant donné ses explications en 1874, aurait la priorité sur Ramsay, qui donna les siennes en 1876. Une brève notice sur Carbonnelle se trouve dans Revue des Questions scientifiques, XXV (les pages numérotées en chiffres romains à la suite de la page 332) ; et dans le t. XXIX, 383 sq., une notice sur Delsaux.
taient encore, qu'on appelait permanents. Cailletet les contraignit à céder, l'un après l'autre, à l'action de la détente pratiquée avec un dispositif et d'après une méthode simples, qui permettent de renouveler l'efïort sur le même gaz indéfiniment, jusqu'au résultat voulu. Plus tard, Cailletet essaya d'obtenir la liquéfaction de ces gaz à l'état statique, et il y a réussi pour l'oxygène. Il a fait connaître le phénomène de la condensation des gaz rétrograd es i. Telles sont les principales découvertes qui ont marqué une seule phase de sa carrière, et qui suffiraient à le classer déjà très haut parmi les savants.
Un de ses collègues de l'Académie des sciences nous écrit : « Je l'ai bien connu. Je crois être sûr qu'il allait tous les dimanches à la messe. Il a fini sa vie en vrai chrétien, en pleine connaissance, sous l'influence et avec l'assistance de son ami, M. l'abbé Quignard, curé de Saint-Louis d'Antin. »
Emile-Hilaire Amagat (1841-1915) est surtout célèbre par ses travaux — devenus classiques — sur la statique des fluides, sur l'élasticité et la dilatabilité des gaz et des liquides, selon les températures et les pressions. « Il a apporté une large contribution aux méthodes ayant permis, depuis, l'étabhssement de toute une industrie basée sur la compression, la liquéfaction, la sohdification des fluides... L'essentiel (de son œuvre) est condensé dans son mémoire de 1893 donnant, pour les corps étudiés par lui, une
1. E. Mathi.vs, dans Revue générale des Sciences, 15 mars 1913.
quantité de résultats numériques d'où sortent deux pages de lois d'Amagat constituant son titre de gloire '. »
Avant de monter aux emplois et aux honneurs officiels, Amagat fut professeur de physique aux Facultés catholiques de Lyon. « Sa mort de grand chrétien et de vrai savant a été digne de sa vie. Quand il s'est senti atteint par le mal qui devait l'emporter, il a dit à son curé : « Maintenant vous allez me préparer à paraître devant Dieu... J'entends mourir en chrétien. Je crois tout ce que croit et enseigne l'Église catholique... j'aurais voulu communiquer ma foi à tous les savants avec lesquels j'ai vécu... Je n'ai jamais rougi de ma croyance quand j'étais au miheu d'eux. Je ne l'ai pas sacrifiée aux honneurs et aux places. » Une de ses dernières paroles a été : « Il n'y a de vérité que ce qui est basé sur le Christ, le reste n'est rien '. »
Charles Tellier (1828-1913), qu'il faut rapprocher d'Andrews, de Cailletet et d'Amagat dont il a utiKsé les découvertes, « est le père de l'industrie actuelle du Froid (le public dit : Le père du Froid); cette paternité ne lui est pas contestée ' ». L'Académie des Sciences, en 1874, a constaté que, si Tellier n'a pas nventé l'action préservatrice du froid, il a « eu, le
\. il. DE Vabigny, dans le Journal des Débats, février 191o.
2. Le Journal du Cher, cité dans Revue pratique d'Apologétique., d»"' mai 1915, p. 167.
3. E. Mathivs, dans Bévue générale des Sciences, 15 février 1911, p. 129.
premier, l'idée de créer une atmosphère froide et sèche dans laquelle les matières organiques que l'on veut conserver sont ma'ntenues en permanence i ». « On lui doit d'avoir étabh le premier type industriel d'une machine susceptible de produire le froid -. » C'est encore à lui que « revient l'honneur d'avoir essayé le premier l'exploitation industrielle de la réfrigération employée comme moyen de conservation, ainsi que le transport à de longues distances de viandes refroidies ^ ». « On peut dire quïl a créé de toutes pièces l'industrie frigorifique, dont les idées maîtresses sont sorties de son cerveau, en même temps que beaucoup d'autres idées qui ont fait depuis leur chemin. Cette industrie se traduit annuellement dans tout le globe par un mouvement d'affaires de l'ordre du milliard * » ; et à considérer « ses premières répercussions sur la vie des peuples», elle se présente déjà comme « un véritable bienfait pour l'hmuanité tout entière " ».
« L'œuvre de Charles Tellier à été considérable et
1. Cité par Marchis, Le froid in dus Iriel. Paris, Alcan, 1913, p. 276.
2. E. GornAULT, L'exploitation du domaine des basses températures, dans Bulletin de l'Institut gén. psychologique, janvieravril 1914, p. 11.