‹ La part des croyants dans les progrès de la science au XIXe siècle (volume 2)Chapitre 87 sur 176 · Jamin, loc. cit · texte numérisé non relu

Jamin, loc. cit

4. « C'est à Newton lui-même que les physiciens se plaisent à le comparer » (A. Cornu, Les travaux de Fresnel en optique, dans Ann. du B. L. pour 1896, Notice B, 2). Jamin dit de même, C. il. cit., 463.

de la foi du charbonnier ; il se faisait apologiste ; pour lui d'abord, s'efforçant«de trouver une démonstration scientifique et rigoureuse de la vérité de quelques-unes des croyances qui avaient été jadis pour lui l'objet de la foi la plus ardente ' » ; pour les autres aussi, du moins pour sa famille, car son frère nous parle d'un « essai psychologique où A. Fresnel développe les principaux arguments sur lesquels se fonde la doctrine spiritualiste, dont il fut toujours un ardent défenseur ^ ».

Sa vie fut digne de ses convictions et sa mort fut digne de sa vie. « C'est à moi... qui ai assisté à ses derniers moments, qui ai recueilli ses dernières paroles, de dire quels étaient ses principes sévères et invariables, son adoration pour la vertu, qu'il plaçait bien au-dessus de la science et du génie, sa force d'âme, je ne dirai pas contre la mort seulement, mais contre l'interruption des découvertes, qu'il avait préparées et ébauchées, et dont il espérait tirer des applications utiles. Il a vu approcher sa fin avec les sentiments rehgieux d'un homme qui, ayant été initié plus avant que ses semblables dans le secret des merveilles de la nature, était profondément

1. Emile Verdet, Introduction aux Œuvres complètes cVAiigus' tin Fresnel, p. xxviii. Verdet ajoute : « L'existence de Dieu, la Providence, la liberté et l'immortalité de l'âme humaine la grande doctrine spiritualiste d'où ces précieuses vérités lui paraissaient dépendre, étaient devenues la préoccupation constante de sa pensée, et il avait espéré qu'à force de travail et de méditation, il donnerait à ses convictions cette rigueur scientifique qui commande l'assentiment universel. »

2. Œuvres complètes d'Aug. Fresnel, II, 811, note de L. Fresnel.

pénétré de la puissance et de la bonté infinie de leur auteur i. »

« Les expériences de Fresnel anéantissent complètement, disait Arago en 1830, tous les arguments qu'on avait puisés dans les phénomènes de diffraction pour établir que la lumière est une matière " » ; et elles semblaient donc suffire, dans l'état de la science, à imposer la théorie des ondulations ; mais il fallut encore de longues luttes pour la faire triompher. Les héros de cette lutte furent, après Joseph Fraunhofer (1787-1826), dont les expériences ' avaient confirmé et complété celles de Fresnel, Armand-Hippolyte-Louis Fizeau (1819-1896), et Léon Foucault (1819-1868).

Fraunhofer était un fervent cathohque, très doux de caractère, mais inflexible dans ses observances des lois de l'EgHse '\

« Au sortir d'une séance de l'Académie où notre regretté confrère (Fizeau), tout jeune encore, venait de Hre un de ses premif^rs Mémoires, l'illustre astronome (Arago) ne craignit pas de dire : « Fizeau nous

1. Dlleau. Sotice sur A. Fresnel, dans Revue encyclopédique, XXXIX (1828) 366 sq.

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