Splendeurs de la foi, IV, Préface, p
2. Voyez Fr de Waloue, dans Biographie nationale publiée par V Académie royale de Belgique. Bruxelles, Bruylant, t. XiV, 1897, pp. 861-868.
§ 3. — La théorie électro-magnétique.
Vers le milieu du xix® siècle, la théorie des ondulations avait pleinement triomphé. Mais les théories de la science n'ont qu'un temps : elles classent les faits, elles organisent nos connaissances, elles orientent et activent les recherches, elles sont utiles, commodes et fécondes ; il semble que tout les justifie, que tout les impose, qu'elles sont inébranlables, qu'elles sont éternelles : puis on s'aperçoit que les faits les débordent et on les abandonne pour en construire d'autres.
C'est en mai 1850 et septembre 1851, que Fizeau et Foucault présentaient à l'Académie des Sciences les expériences « décisives » qui assuraient, au dire des meilleurs juges, le triomphe de la théorie des ondulations. Or, en 1856 déjà, J.-G. Maxwell posait le germe d'une théorie nouvelle ; en 1864, le germe avait évolué ; vingt ans plus tard, il recevait la consécration expérimentale, et, depuis lors, toute la science contemporaine, abandonnant peu à peu la théorie des ondulations, est entrée dans la voie nouvellement ouverte. Elle ramène, par un détour, à la théorie de l'émission; mais ce n'est plus l'émission des atomes qu'on invoque ; c'est l'émission des particules ou débris des atomes dissociés, l'émission de la matière électrique elle-même, des électrons. De sorte que, dans cette conception nouvelle qui a remis tant de choses en question et qui a ouvert tant d'ho-
rizons insoupçonnés, la lumière ne serait qu'un simple cas particulier des phénomènes électriques. Nous retrouverons cette théorie — qu'on appelle la « théorie électro-magnétique de la lumière » — quand nous aurons parlé de l'électricité i.
l'électricité
Le xix^ siècle a été surtout, dans la science, le siècle de l'électricité. 11 ne trouvait presque rien à cet égard dans le legs du passé -, et il laisse à l'avenir un magnifique héritage.
§ 1. — Les grands initiateurs au début du XI X^ siècle.
Cet héritage, Volta, Œrsted, Ampère, Faraday, en ont constitué le fonds,
Alessandro Volta (1745-1827) avait déjà réussi quelques inventions heureuses, quand il connut l'expérience de Galvani sur les grenouilles. A force de réflexions et de calculs, il en tira l'idée de la pile, et c'est avec cette découverte (1800), que s'ouvre, dans un cri d'enthousiasme, l'histoire du courant électrique, la grande merveille du xix^ siècle.
1. Pour les avantages que la théorie nouvelle présente sur celle des ondulations, voyez Précis d'Optique publié d'après Vouvrage de Paul Drude refondu et complété par Marcel Boll, tome 11, Optique électromagnétique. Paris, Gauthier- Viilars, 191:2.
2. On peut en voir l'inventaire dans A. et Ed. Becquerel, Résumé de Vhisioire de Vélectricité et du magnétisme. Paris, Didot, 18o8, Discours prél., et chap. i à m.
DANS LA l'IIYSIQUE 151
L'enthousiasme fut immédiat et universel, ce qui est rare dans l'histoire des découvertes. Bonaparte accourut, au lendemain de Marengo, et demanda que ' les expériences fussent répétées devant une Commission de l'Institut de France (1801). Les vaincus comme les vainqueurs, le peuple comme les savants, tous acclamèrent Volta et le comblèrent d'honneurs. Ils semblaient pressentir tout ce qu'il y avait de résultats en puissance dans l'instrument nouveau 1.
Vingt-sept ans plus tard, le grand astronome F. Arago, qui n'avait plus à pressentir, mais qui voyait déjà, s'écriait : Quand je me demandais, passant en revue tous les travaux contemporains, quel est celui dont je voudrais « de préférence être l'auteur, la Mécanique céleste (de Laplace) et la pile voltaïque venaient à la fois, et toujours sur la même ligne, s'offrir à ma pensée. Un académicien voué à l'étude des astres, ne pourrait pas donner un plus vif témoignage de l'admiration profonde que lui ont toujours inspirée les immortelles découvertes deVolta"».
Ce que les contemporains ont pressenti, ce que F. Arago commençait à voir, nous le voyons mieux encore. L'électricité a été la fée prodigieuse du xix^ siècle, et qui a passé transformant tout de sa
1. « Le désir de se parer dans le monde du titre de disciple de Volta contribua pour une large part, pendant plus d'un tiers de siècle, aux grands succès de lUniversito du Tésin », où enseignait Volta (AuAGO, Œuvres complèles, I, p. 232).