‹ La part des croyants dans les progrès de la science au XIXe siècleChapitre 186 sur 201 · Cité par Vall^ry-Radot · texte numérisé non relu

Cité par Vall^ry-Radot

lions cadres 267

La révolution « la plus formidable »? Non; m us la plus féconde. Qu'on essaye de dénombrer les sciences créées ou rénovées par l'épopée pastorienne : l'antisepsie et toutes les sciences déjà nommées dans les pages qui précèdent, mais encore l'asepsie, la prophylaxie, la pathologie, la thérapeutique, l'hygiène, la pasteurisation, la sérothérapie, la microbiologie, et d'autres sans doute que nous oublions, et celles qui lèveront du même germe dans « les champs féconds de l'avenir ». Qu'on essaye de dénombrer les vies humaines que ces sciences neuves ou renouvelées ont déjà sauvées ou sauveront de la maladie, des infirmités ou de la mort. Beaucoup, surtout loin de Paris, prenaient Pasteur pour un médecin et cherchaient à obtenir des consultations : « Il ne soigne pas les individus, répondit un jour Edmond Àbout à un étranger qui commettait cette méprise; il s'efforce de guérir l'humanité1. »

Mais s'il y a réussi pour une large part, si les sciences qu'il a créées, guérissent, si elles permettent de « prévoir et de maîtriser les phénomènes », c'est qu'elles sont des sciences. C'est que, s'il était « étranger à la corporation », il était merveilleusement familier avec la science expérimentale. 11 n'a pas bâti sur les nuages, il n'a pas jeté de poudre aux yeux, il ne s'est pas contenté de l'empirisme ou de l'à-peu-près; il a marché pas à pas, avec méthode, toujours appuyé sur les laits, allant d'une évidence à une autre,

Page 1