‹ La part des croyants dans les progrès de la science au XIXe siècleChapitre 24 sur 201 · Zittel, Traité Pal · texte numérisé non relu

Zittel, Traité Pal

ces horizons que s'orientent encore les géologues de notre temps.

Lyell a d'autres titres encore devant la science : il a multiplié à travers le monde les enquêtes géologiques, il a émis des idées qui ont amorcé de grands travaux, et, par ses ouvrages élémentaires, il a « popularisé » la géologie1.

S'il a écarté, en même temps que les cataclysmes, l'hypothèse des créations successives, ce n'est pas pour écarter le Créateur. Jusque dans les ouvrages de haute science, il proclame volontiers, à l'occasion, sa foi en Dieu et en l'âme immortelle : « C'est à l'homme seul, dit-il, qu'est donnée cette croyance (à l'immortalité de l'àme) si conforme à sa raison et qui satisfait si bien au sentiment religieux que la nature a enraciné dans son âme; lui seul a cette doctrine qui tend à l'élever moralement et intellectuellement dans l'échelle de l'existence et qui porte des fruits d'un caractère si différent de ceux que produisent l'erreur et l'illusion 2 ». S'il penche pour les théories de Darwin, sans d'ailleurs s'en dissimuler les difficultés, il a soin de dire et de démontrer que « l'adaptation perpétuelle du monde organique à de nouvelles conditions laisse aussi puissant que jamais l'argument en faveur d'un plan, et, par conséquent, d'un architecte; en effet

1. Cf. Th. Davidson. Nécrologie, Ch. Lyell, dans Bulletin de la Société de Géologie, IV (1875-1870), 410.

2. Sir Ch. Lyell, l'Ancienneté de l'Homme prouvée par la géologie, et remarques sur les théories relatives à l'origine des espèces par variation. Traduct. de M. Chapier. 2* édit., revue, annotée par E. Lamy. Paris, J.-B. Baillière, 1870, .550.

la création d'une œuvre au moyen d'un instrument doit exiger et par conséquent faire supposer l'action d'un pouvoir plutôt supérieur qu'inférieur à celui qui accomplirait directement la même œuvre *. »

Jean-Baptiste- Armand-Louis-Léonce Elie de Beaumont; (1798-1874) a d'abord attaché son nom à la carte géologique de la France, œuvre scientilique monumentale et qui, « pour l'époque, était une merveille2 », dont il a été, avec Dufresnoy, le premier ouvrier. Il a transformé la théorie du soulèvement des montagnes, dans lesquelles il voyait, avec L. de Buch, un gonflement de l'écorce du globe à certains moments de son histoire, les lettres majuscules, disait-il, de cet immense manuscrit. Il leur a, « le premier, assigné un âge3 ». C'est lui « qui a véritablement constitué la première théorie complète des filons métallifères, dans son mémoire célèbre Sur les émanations volcaniques et métallifères (1847), peut-être son plus beau et son plus solide titre de gloire v ». Les mémoires d'Elie de Beaumont sur ce sujet, avec les travaux de Suess, « représentent des étapes essentielles, des dates capitales dans l'histoire de la science géologique ». Bref, malgré des erreurs, ses travaux ont une a. très haute portée, » une «c portée véritablement géniale 3. »

Page 1