La Vallée-Poussin, loc. cit
date de quelque fête catholique : lo septembre 1852 (Octave de la Nativité de la Sainte- Vierge), 2 février 1867 (fête de la Purification), 30 mai 1867 (Ascension), 25 mars 1871 (Annonciation), 1er janvier 1874 (Circoncision), jour de Pâques, 1er avril 1877, 28 septembre 1877 (Jour de Saint Wenceslas, patron de la Bohème), etc. Son testament scientifique est daté du 18 mars 1883, dimanche des Rameaux. M. Homais aurait trouvé cela bien ridicule. Mais M. Homais auraitil écrit le Système silurien de la Bohême?
« Un savant de premier ordre, un philosophe profond, un de ces hommes qui honorent l'humanité, a disparu; une œuvre colossale reste sans partage le bien de toutes les nations civilisées ». C'est de Louis Agassiz (1807-1873) et de son œuvre que parlait ainsi Emile Blanchard1.
Agassiz était suisse d'origine, mais c'est en Amérique qu'il a vécu la plus grande partie de sa vie, et il a eu la gloire d'y susciter un grand essor scientifique.
Il est un de ceux qui ont marché avec le plus d'ardeur sur les traces de Cuvier. « Les recherches sur les poissons fossiles sont, pour l'histoire des poissons, un monument aussi important que les Recherches sur les ossements fossiles (de Cuvier)
1. Emile Blanchard, Un naturaliste du xix* siècle, dans Revue des Deux Mondes, 3' période, X (1875), 5G9. Vingt-deux ans plus tard, il célébrait encore, dans Agassiz, « l'observateur plein de sagacité, le penseur profond ». Voyez C. h. Acad. des Se., GXXI (1895, i), 456.
pour les mammifères1. Il ne s'est pas borné d'ailleurs aux espèces éteintes, et son Histoire naturelle des poissons d eau douce de l'Europe centrale, où l'embryogénie tient une place considérable, est un monument plein de faits nouveaux et intéressants, de vues originales et fécondes. M. Agassiz a embrassé dans ses études, et relié en une vaste synthèse la paléontologie, l'embryogénie et la zoologie2. »
Fils d'un pasteur protestant suisse, il est resté fidèle à ses croyances et les a proclamées en maintes occasions. En voici un exemple : « Les diverses formes dont nous trouvons les restes dans les roches ont été, depuis le commencement, les degrés par lesquels il a plu au Créateur de mener le règne animal pour l'amener jusqu'à l'homme. 11 a créé l'homme à sa propre image, il l'a doué d'un esprit analogue au sien et c'est par sa seule vertu que nous pouvons comprendre la nature. Si nous n'étions pas faits à l'image du Créateur, si nous ne possédions pas une étincelle de cet Esprit divin, qui est l'héritage d'un Dieu, pourquoi comprendrions-nous la nature? Pourquoi la nature n'est-elle pas pour nous un livre scellé? C'est parce que nous avons des liens qui nous rattachent au monde, non seulement au monde physique et animal, mais au Créateur lui-
1. Cuvieb a, du reste, aidé dans ce travail, Agassiz, qui le reconnaît avec empressement, dans ses Recherches sur les poissons fossiles. Neuchâtel, Impr. de Petitpierre, 1833-1843, 1, Préface, p. x.