CON8BIL DC DKPARTIMBRT
y décembre iJQi- — Vu le procès- verbal des séances tenues par le conseil d'administration du district de Landerneau les i5 octobre dernier et jours suivants; oui le rapport et le procureur-général-syndic en ses conclusions; le conseil général du Finistère, considérant que les vues manifestées parle conseil de ce district sur l'encouragement de la culture du chanvre dans le département » lo défrichement des terres vaines et vagues et le dessèchement des marais sont inspirées par le plus louable patriotisme et méritent de fixer toute l'attention de l'administration supérieure qtii en a fait l'objet de ses plus sérieuses dâibérations; ouï le procureur-gënéral-syndic , a arrêté et arrête :
• . . S"* Â l'égard des défrichements, le conseil enjoint pareillement aux directoires des districts de prendre une connaissance exacte des terres nationales en friche situées dans leur ressort, d'en faire faire des estimations par communautés ou cantons, et d'en dresser des états circonstanciés, et de les mettre incessamment en
W Arch. d*Eure-et-Loir, registre non nat, AD xix**, Eure-et-Loir, 1791. —
ooté. Compté rendu par le directoire au
W Renseignements communiqués par OmiêU général, Chartres, 179s, in-A*
M. Herlet, archiviste départemental. {Jlnd.),
<') Rapport dêt opér. du directoire du <^ Renseignements communiqués par
déDorîemêtU éTEure^i-Loir, eéance du M. Bourde de la Rogerie, archiviste
i£ nov. ijQi, n, \. Q. d^ in-4* (Arch. départemental.
ss les formalités [ itionaux.
[Arch. nat, F" m Finiulère, 9.]
vente en suivant, à cet égard , toutes les formalités prescrites pour l'aliénation, des autres domaines nationaux.
DIRECTOIRE DU DEPARTEMENT ^^K
3o mari tjgsk. — Il se trouve dans le ressort du département du Finistère des parties considérables de terres en friche, des landes et des marais abandonnés au pâturage vague et à un genre de destruction employé par tous les riverains depuis un temps immémoiîal et par suite devenu la prétention d'une jouissance dont la privation leur paraîtrait insupportable. Ces parties de terres sont entre autres la plaine de Tronoan qui contient près de huit mille journaux, commune aux paroisses de Plounéour, Beuzec-Gapcaval, Tréogat, Treguenec et Plovan, dans le district de Pont-Croix ^^^ C'est un terrain riverain de la mer où des eaux pluviales séjournent, et ou seize familles étrangères se sont établies à des dislances assez éloignées l'une de l'autre pour ne se point gêner réciproquement dans leur jouissance usurpée et illégale. Ils ont défriché autour de leurs cabanes une quantité suffisante de terre pour se procurer la simple subsistance, et se sont approchés du rivage pour accaparer le varech que la mer jette dans la grande anse d'Audierne, et être des premiers, lorsque les naufrages, qui sont fréquents sur celte plage, se succèdent , à y courir et à profiter du fruit de leurs larcins et des rencontres qu'ils font sur la grève des effets que la mer leur rejette ^^). Ces familles, malgré les efforts des villages que nous avons cités ci-dessus, se sont maintenues dans leur possession, ne payent aucun impôt, parce que, malgré qu'ils aient soutenu leur existence, ils sont toujours misérables. Ils ont néanmoins offert d'afféager ces terres en partie, mais les habitants des conununautés riveraines s'y sont opposés, parce que c'est dans ce terrain qu'ils vont enlever des mottes pour fertiliser leurs terres, opération dans laqaeifo41& n'osent même y faire pattre leurs troupeaux , parce que ces barbares, à ce qa'ils disent, les leur blessent.
Dans le district de Châteai^A ^ il y a , dans la partie de Crozon ^'^\ des quantités de ces terres en friche. Le rafiAt Ménez-hom en pré-
^') Ce mémoire ne correspond pas tique de ces mœurs dans le procès^ absolument aux circulaires du ComiU^. verbal du naufrage de VAmphitrite ^ en
(S) Communes de rarrondissemenl 1791 (Arch. de la Marine, BB* â). de Quimper. (^) Arr. de CliâleauUn, ch.-l. de can-
^^' On trouvera un exemple auUicn- ton.
FINISTERE.
sente près de 20,000 journaux, où ion ne trouve qu'un désert couvert de landes et de bruyères. Ce territoire, sur lequel nous avons un très long mémoire, est dans les ci-devant seigneuries de Crozon appartenant à M. Destaing^^^ celle de l'abbaye de Lande- "vennec^*^^ aujourd'hui à la nation, et plusieurs autres. Ces prétendues seigneuries ne prouvent pas bien clairement leurs inféodations par titres ; mais le territoire n'en est pas moins livré au pâturage * vague dans tous les villages riverains, et à la dégradation du terrain que l'on enlève annuellement en mottes.
Le district de Lesneven ^^^ présente en Guissény ^*^ Plounéour- Trez^^^, Gouiven^^^ Treflez^''*^ et Plouescat^'^^, une étendue immense de terres riveraines de la mer, et noyées par les eaux pluviales dont l'écoulement serait facile. M. Tune et sa compagnie en ont acquis une partie; mais, soit impéritie, soit faute de fonds, l'ouvrage ept resté sans succès. Dans le même district, entre Lanhouarneau^^^ et Berven ^'-^^ il y a une bruyère immense appartenant à M"* de Coatanscours, qu'elle ne veut ni cultiver, ni vendre, ni afféager^*^^. Ce terrain contient plus de 1, 5 00 journaux.
Dans le district de Brest, les marais de Saint-Renan ^"' sont faciles à dessécher. La plaine de Gousnou^'^^ contient bien des arpents; on n'y voit que des landes. Le district de Morlaix a la grève de Santec^''*^ Perharidy '^*^ et Lambader^^^^, où il y a encore bien du terrain en friche, sans que personne se présente pour en cultiver quelque partie. Le district de Landerneau^^^^ a plusieurs marais et des landes sans nombre. Celui de Carhaix^^''^ en a quantité. Les montagnes Darès^^®^ et les Montagnes-Noires sont découvertes et contiennent un espace immense. Voilà, Monsieur, l'état de situation du département
Malgré cette apparence de misère et d'inertie dans la population de ce département, qui monte à 470,000 âmes, on trouve, sur environ 90 lieues de côtes, 97 ports de mer, ce qui y attire la
(^) Rîien a son sujet dans Arcb.
nat.,F'.
<'> Abbaye bénédictine du diocèse de Quimper, fondée au t" siècle par saint Guénolé.
^^^ Ait. de firest, ch.-I. de canton.
<*} Arr.de Brest, cant. de Lannilis.
<*> Ait. de Brest, cant de Lesneven.
t*) Arr. de Moriaix, cant. de Plouescat.
W Arr. de Morlaix, ch.-l. de canlon.
'*5 Arr. de Moriaix, canl. de Ploucscat.
^*' Hameau de la commune de Guic-
lan, arr. de Moriaix, cant. de Taulé.
^^^ Rien à son sujet dans Arcb.
nat., P.
t^*) Arr. de Brest, cb.-l. de cant.
<*Ȕ Arr. et cant. de Brest.
^*^) Hameau de la commune de RoscofT.
t"î Cette localité n'a pu être identiûéo.
(^^) Hameau de la commune de Plouvorn , arr. de Morlaix , cant. de Plouzuvédé.
(*<*5 Arr. de Brest, cb.-l. de canlon.
^"^ Arr. de Gliàteaulin, ch.-l. de canton.
t'«) 5ic. Lis.d'Awce.
BIEKS COMMUNAUX.
iHrDiaEUi ■ATioau.Bi
plus grande quanti^ de bras, mais de bras peu faits à remuer la terre et incapables de faire de grands progrès dans le défrichement et moins encore dans qne culture raisonnée.
I^es usages locaux, quant à l'engrais des terres sont» Monsieur : i"" que les terres les plus rapprochées de la mer et qui sont susceptibles de la meilleure culture ne le sont qu'autour des bourgs et petites villes dont les habitants forment des amas de goémons qu'ils répandent sur leurs terres et jardins et en tirent sans peine et sans frais un produit considérable. Les métairies qui se trouvent à une lieue de la grève profitent aussi de cet engrais, mais comme le transport en est pénible et coûteux , les terres y sont moins fertiles; cependant, c'est là que Ton récolte les lins, les chanvres, le froment et tous les autres blés et légumes. Celles qui sont plus en* foncées dans les terres, comme à f), 3 et A lieues de la côte, no pou-* vent avoir d'engrais que ceux que leur procurent leurs troupeaux et bestiaux. Ils mêlent avec ces fumiirs des mottes que les cultivateurs prennent dans les friches après les avoir fait sécher; et ce mélange augmente la masse des terres. On laisse pourrir le goémon pour les terres à froment et pour 1^ lin ; on le mêle alors avec du fumier de vache chaud, et on en tire un grand produit. On l'emploie en vert et sortant du rivage pour les terres à seigle, et il suffit sans mélange. Pour le blé noir, on sème le grain avec de la cendre ou de la charrée ^^\ après «voir légèrement fumé le temin. f^es habitants de Taulé^^^ emploient beaucoup de sable dans leurs terres et vont le prendre avec des gabares sur les bancs les [dus rapprochés de leur communauté, oependânt à grands frais. Dans l'intérieur de la province « les fumiers se font avec celui des éta)4^* mêlé de brindilles de lande, de bruyère, de genêt et de jonos. Il est peu substantiel, à moins qu'il n'y ait dans la ferme beaucoup de bestiaux, mais le misérable qui en a peu et point de fourrage pour les nourrir, ne peut fumer ses terres qu'avec des motte» ou de la cendre, et ses récoltes sont toujours très mauvaises. Quant aux moyens d'améliorer la culture et de fertiliser les terres abandonnées, il y a bien des considérations à prendre. Il faudrait vérifier et tenir registre de tous les titres de propriété de» ei-<devant seigneurs prétendant droit sur ces terrains vagues; c'est une opération difficile, pénible et longue.
Si l'on partage ces terres incultes entre les habitants des communautés les plus rapprochées, ces anciens seigneurs de fief se plaindront qu'on les dépouille de leur propriété et demanderont,
t') Cendre de lesaive. — ^*^ Arr. de Morlaii , ch.-4, de c<^Ato<i.