Cf. Fheeman, Norni. Conq. 2 Ed. IV. p
3. — Dom. Cornw. 123 b., 124, 12.") — et sur les manumis.sions à l'autel de .-^aint Petroc. Cod. Dipl. IV. 308.
4. — « Exercitus autcm qui dura toleraverat, in hoc itinere multo
tourmenté, qui forme la partie Sud-Ouest du Yorkshire sur laquelle s'étend une chaîne montagneuse, joignant le Peakland du Derbyshire aux montagnes du Westmoreland et du Cumberland. Les mercenaires bretons, angevins et manceaux, qui composaient une grande partie des effectifs de Guillaume, commencèrent par murmurer, et il faut le reconnaître, non sans raison. Vraiment, leur grand chef abusait d'eux : depuis près de deux ans, après la pacification du Nord et de l'Ouest de l'Angleterre, Guillaume avait congédié presque tous ses soldats normands, après les avoir magnifiquement récompensés ' : glorieux et riches, ils étaient, enfin, rentrés dans leurs foyers. Eux étaient obligés de suivre constamment le nouveau roi, sans jamais pouvoir jouir des avantages d'une victoire à laquelle ils avaient pris une part si importante Ils étaient las d'obéir, de servir, de souffrir. Ils s'en plaignirent à Guillaume qui, sans écouter leurs doléances, continua aves ses troupes restées fidèles, sa marche vers le Cheshire. Les déserteurs et les mutins restés en arrière furent abandonnés à leur sorti, beaucoup périrent de faim, de froid et de misère.
Nous avons dit, au cours de cette étude, que la participation de la Bretagne à la Conquête Normande n'eut son origine ni dans une idée nationale, ni dans un sentiment patriotique; à part certains seigneurs, à l'esprit aventureux, aimant à recevoir des coups et plus encore à en donner, le contingent breton ne fut, semble-t-il, qu'un corps de mercenaires audacieux, mais moins avides de gloire que de butin. Il est bien certain aussi que le clergé régulier et les prêtres séculiers de la Bretagne se désintéressèrent complètement de cette expédition. Cependant Rome s'était montrée très
duriora restarc timebat. Verebatur enim locorum aspcritatoin, hiemis intemperiem, alimentorum inopiam et hostium terribileni feroritatem. » Ord. Vit. 515. C.
1. — « Rex, perspectis importunitatibus terra», solidarios milites convocavit, omnesque regali nuinificentia pro militari servitute muneratos donum abire bénigne periiiisit. » kl. il^d. 512. C.
favorable aux projets de Guillaume, habilement ' plaides par Gilbert, archidiacre de Lisieux. Bien que Harold n'eut point été appelé pour fournir ses explications, la voix de plusieurs cardinaux s'était élevée en sa faveur; mais, en dépit de leurs eftbrts. le pape Alexandre se déclara pour Guillaume et sans aller jusqu'à dire qu'une véritable guerre sainte futprèchée contre l'Angleterre, une croisade, comme le prétend Freeman, on peut affirmer que Guillaume réussit, au delà de toute espérance à se concilier, non seulement la Papauté mais encore tous les ordres et les établissements religieux des provinces de l'Ouest. Les riches abbayes de son duché et même celles des contrées voisines, ne lui ménagèrent ni leurs prières ni leur argent; presque toutes usèrent de leur iniluence considérable pour soutenir sa cause, avec l'arrière pensée, quelques-unes même avec la promesse, d'être largement récompensées, si l'Angleterre était conquise. Il suffît d'ouvrir le Domesday Book aux feuillets où sont inscrites les abbayes de la Normandie, de l'Anjou, du Maine, du Vexin, du pays de Caux et du Ponthieu, pourse convaincredes libéralitésde Guillaume envers les moines et les prêtres -. La Bretagne fit exception et l'on chercherait en vain, dans le merveilleux livre que le nouveau monarque fit établir, des inscriptions relatives auxabbayes, aux prieurés et aux égiises de la Bretagne. L'abbaye de Redon, dont la fondation est antérieure de plus de deux siècles à l'expédition de 10G6 était déjà riche et puissante, quandGuillaumeenvahit l'Angleterre. Alain Fergantdevait cependant bien la connaître, lui qui, sentant sa fin prochaine, avait résolu d'y mourir sous l'habit religieux. L'abbaye de Saint-Méen de Gaël, fondée vers 600, par saint Méen, venu
1. — Cf. Glim..\l.\ik de Mai.mf.siîury III. 238; \V.\c:e, Rou, vers II, 446, Ordeiuc Vitai, 482 b ; Jafi-é 89-419 C. T. Chutiwei.i,, The .Saxon Church and tlie Norman Conque.st.
2. — Notamment le.s abbayes de Cormeilles, de Conches, de Fécamp, de Montebourf?, du Mont-Saint-Michel, de I*réaux, de Saint-Riquier, de Marmoutier.s,(lc Cluny etc., etc., dont les inscriptions au Domesday sont noi'.ibrcuses. ^'oir aussi : Sotne Accounts of the Allen Prlories and aucli lands as tlieij are Knoicn to liaco possessed in England and Wale^. 2 col. in-li. 1870.
de Tîle de Bretagne, en Armorique avec une colonie d'émigrés et que la duchesse Havoise, avait, en 1008, relevée de ses ruines ne devait pas être inconnue de Raoul de Gaël, non plus sans doute que Notre-Dame de Paimpont, dont on vénérait le sanctuaire au cœur de la fameuse forêt de Brocéliande. Dans l'évêché de Nantes, Saint-Gildas-des-Bois, de l'ordre de Saint-Benoit et l'abbaye de La Chaume avaient à peine un quart de siècle, l'autre dix ans d'existence. Quand Guillaume passa la Manche, elles avaient besoin d'être dotées. Elles ne figurent point cependant au Domesday et l'on ne s'explique pas comment le nouveau roi d Angleterre qui se montra si prodigue envers plus de soixante établissements religieux non seulement de la France, mais de l'étranger ', n'ait point fait, soit spontanément, soit « à la suasion », comme l'écrivent les bons vieux chroniqueurs, de ses conseillers ou de ses frères d'armes, des libéralités à ces pieuses abbayes bretonnes, dont la plupart avaient été précisément ravagées par ses ancêtres. Avait-il sollicité d'elles un secours qui ne vint point et garda-t-il rancune à leurs abbés, à leurs prieurs et à leurs moines? Nul ne pourrait le dire avec certitude.
Mais les Bretons, assez rares il est vrai, qui se fixèrent définitivement en Angleterre n'oublièrent pas, dans le cours du siècle qui suivit la Conquête, d'enrichir et de doter les abbayes et les prieurés de l'Ile et plusieurs établissements du Continent. Conan, duc de Richmond, un pays de prédilection pour les Bretons, donfiait en 1170 à l'abbaye du Mont-Saint-Michel, en lui confirmant ses biens à Treverner, le beau manoir de Wath '-; Alexandre Brito, frère de Hamon, chancelier de Lincoln, concéda, sous Henri II, à l'abbaye de Savigny toutes les dimes du domaine de Ben-
1. — C'est ainsi que Saint-Pierre de Rome figure au Domesday sous le nom de Terra Ecclesiœ Romanœ. Il est vrai que Saint-Pierre avait été doté sous le règne d'Edouard le Confesseur. Cf. Dom. 91. Sur les rapports de Guillaume avec- la Papauté, on consultera utilement Beunold, ap. PerU. V. 439.
2. — Cartulaire du MoNT-SAmr-MiciiEi!, ms. 210, f° 118. Bibl. d'Avranches et Monastic Anglie. VI. 990,
nington ', Philippe de Lohéac figure dans une charte, de 1139 à 1160, aux termes de laquelle Robert, comte de Nottingham, fait une donation aux moines de Savigny sur ses revenus d'Angleterre - ; Guillaume de Monthault, petite paroisse du canton de Louvigné près Fougères, participa en 1163 à une libéralité de Raoul de Fougères, aumônant à Savigny l'église de Bennington, précitée. Le prjngipal bienfaiteur du prieuré de Saint-Martin près d'Ëasby, ^ fondé v^rs 1100 par \\ vmarc, dapifer du second Alain fut «^oaLdus, filius Roaldi, constabularii Richmundiee. » Conan fut lui-même un bienfaiteur de ce^rjeuré. Au douzième siècle, on trouve à Minster, Cornouaille anglaise, un Guillaume Fitz Nicolas, appartenant très probablement à la famille de Botreaux, ' (Boterell, dans la liste de Brompton.) Les Botreaux, d'origine bretonne, possédaient de grands biens dans le district de Lesnewth. Ils étaient propriétaires en Cornouailles, dès l'époque de Henri P^ Leurs principales résidences étaient les manoirs de Botreaux et de Worthyvale. De Botreaux Castle./iorf/eBorcastle; il en reste encore quelques belles ruines \
On retrouve aussi dans le Cambridgeshire les traces assez profondes des Alain de Bretagne. Qn sait que le comté de Richmond. à la mort du comte Alain, décédé sans postérité, échut par voie d héritage à ses frères ''' . A la mort de Geftro}'- Boterel, en 1093, le comté de Penthièvre passa aux mains d'Etienne et celui de Richmond, aux mains d'Alain second fils d'Etienne. Celui-ci prit le titre de Cornes