‹ La participation de la Bretagne à la conquête de la l'Angleterre par les NormandsChapitre 26 sur 29 · Cartulaire de Redon. Ed. A. dk Courson. Paris · texte numérisé non relu

Cartulaire de Redon. Ed. A. dk Courson. Paris

6. — Liber (landaviensis) : Tlie Text of the Book of of Llan Dàv, reproduced from the Gwysaney MS. by J. G. Evans, with the coopération of .1. llhys. Oxford, 1893. 8» priv. print.

Gondriee, nous paraît être le génitif latin d'un nom tranc ; il se trouve, aussi, dans le même Cartulaire, où il est question de Gundric presbyter, figurant comme témoin avec un personnage appelé Gédéon (curieuse coïncidence et presque démonstrative, n'est-il pas vrai?) dans une charte de 871. La lettre qui manque à l'inscription eniel peut être, très vraisemblablement un d ; or nous trouvons à la même source, Daniel, fils du comte Gurmhailon, signataire d'une charte de 931, dans laquelle figure également le fameux Mathuedoi, émigré, vprtt doit être lu .juneprit ; c'est un nom que l'on voit encore au Cartulaire de Redon, dans une charte de 820 : la terminaison rit était très fréquente dans les anciens noms bretons, Elbrit, Hobrit, Salbrit.

ivDN doit être complété par oi, c'est le Judnoë du Book ot Llandaff. (Bodmins Manumissions), un nom qui se rapproche beaucoup de Judminet, figurant encore comme témoin dans une charte du Cartulaire de Redon.

Enfin, pour rentorcer sa démonstration, M. Edmund Maclure étudie aussi une inscription gravée sur le porche de l'église paroissiale de Lustleigh dans le comté de Devon et dans laquelle il reconnaîtrait une forme bretonne, Hinoc. Henoc. Holder en aurait donné la description.

Il ne nous paraît donc pas déraisonnable de supposer que les Bretons émigrés au dixième siècle se réfugièrent dans le pays de Devon et. par extension, dans celui de Dorset. Est-ce pour cette raison que la cathédrale de l'église de Salisbury possède un psautier du dixième siècle qui contient une litanie remplie d'invocations nombreuses de saints bretons? C'est une question qu'il appartient aux paléographes de résoudre, en disant si ce psautier a été apporté par les exilés ; ce manuscrit est ainsi décrit par sir Edward Maunde Thompson, Directeur du British Muséum : « Bibliothèque de la Cathédrale de Salisbury, n" 180, 15 1/4 X 12 3/4 inches, 175 feuillets a double colonnes ; français, X% Psalterium avec double traduction gallicane et hébraïque de Jérôme. Litanies et Prières, f" 17U b. Le dernier feuillet a été ajouté au onzième siècle ; il existe quelques commentaires en marge: des initiales ornées ont été ajoutées;

tortils, feuilles, poissons: quelques lettres sont en rouge. Un autre psautier, paraissant être de la même époque et dont l'origine est inconnue, se trouve aussi à la Bibliothèque de la Cathédrale de Salisburj-. Il est catalogué sous le n'^ 150, vélin 11 1/4 X71 'A. 161. ff '.

Cependant, il ne faut rien exagérer et reconnaître qu'il dut rester peu de Bretons en Angleterre, même sur le sol de Cornouailles. En eftet, si on examine attentivement la distribution des terres dans les comtés qui tombèrent au pouvoir de Guillaume après la reddition d'Exeter, on est frappé par l'absence presque complète, parmi les propriétaires dépossédés, de noms d'origine bretonne. Rien d'étonnant à cela pour le Somersetshire et le Devonshire, bien que beaucoup de sang breton fut resté dans ces comtés - ; mais ils s'étaient, peu à peu, complètement anglicisés. La Cornouaille résista davantage à cette anglicisation ; elle conserva mieux ses coutumes et sa langue celtique ; malgré tout, même sous le règne d'Edouard le Confesseur, les possesseurs de terre sont presque tous anglais. Nous trouvons à peine quelques noms d'origine bretonne, Ca valant, Briend, Rabel ; peu à peu, l'élément breton de la Cornouaille s'était fondu avec l'élément anglais, ^velche et gallois ^

Nous avons vu, au cours de cette étude, avec quelle habileté les Bretons avaient combattu à Hastings et leur obéissance aux ordres du duc de Normandie : ils devaient, quatre ans plus tard, se montrer moins accommodants avec Guillaume devenu roi.

Au commencement de l'année 1070, un coin de l'Angleterre restait encore à conquérir. Le pays de Chester ne s'était pas soumis. Vers le mois de février, l'armée de Guillaume se mit en marche et les soldats eurent beaucoup à souffrir du froid et de la fatigue ', à travers le pays sauvage et

1. — D'après une coniiiuinicatioii de M. le lîiljliothécaire de la Cathédrale de Sali.sbury. (1909.)

Page 1