‹ La particule nobiliaireChapitre 1 sur 62 · La particule nobiliaire · texte numérisé non relu

La particule nobiliaire

Il y a dans les langues qui ont vieilli des mots dont l'histoire touche souvent aux vicissitudes des institutions et des mœurs.

( Egger, Revue d'archéologie, 1861 . )

Sous le dernier règne, un libéral, dont la noblesse déjà remontait à la division de la France en départements, demanda pour sa femme ou son fils et obtint d'être nommé comte : le lendemain, V opinion publique V accabla des traits les plus spirituels.

Au premier abord, on pourrait s'étonner

de voir, après les révolutions de il 89, de

1793, de 4830, de 4848 et de 1870, notre

société aimer avec une ardeur croissante et

plaisanter en même temps légalité civile et

les distinctions honorifiques. Serait-ce que ceux qui crient ont inoins de haine contre les titres que de jalousie contre les gens titrés, ou que, plus les lois sont républicaines, plus les mœurs sont aristocratiques ■ ? Non : les hommes ont le sentiment de la grandeur, et quand ils ne la possèdent pas, ils cherchent à la contrefaire .

On peut en juger sans parler si haut. Il existe chez nous un petit mot, dont chaque année développe l'importance et qui est en passe de devenir savonnette à vilain : la préposition de, connue aujourd'hui sous le nom de particule nobiliaire.

Ce que voyant, plusieurs écrivains 2 s'en sont occupés d'une façon spéciale. Chacun l'a fait à son point de vue, du reste fort bien , mais le public aime les résumés qui flattent sa paresse en satisfaisant sa curiosité.

Il serait véritablement à souhaiter que d'autres mains que les miennes se fussent chargées de celui-ci. Toutefois, grâce à la méthode indiquée en tète du Dictionnaire de la langue française par M. Littré, au livre

Page 1