CHAPITRE 11 HISTOIRE
tion commune et solidaire30 : le nom est, pour me servir du langage contemporain, le capital accumulé d'honneur et de qualités d'une famille 3l.
Le P. Menestrier32 paraît avoir indiqué toutes les sources où nos ancêtres ont puisé leurs surnoms ; je ne m'arrêterai qu'à celles qui rentrent dans mon sujet, c'est-à-dire qui ont engendré des particules.
Notre premier défaut est d'être ambitieux, mais nous sommes en même temps si légers, que nous nous satisfaisons rien qu'en suivant la mode. C'est pourquoi, comme à l'époque de la ferveur religieuse on avait tiré son sobriquet des saints, dans celle de la féodalité on l'emprunta aux terres, car alors tant valait la terre, tant valait l'homme. Je dois remarquer que l'exemple partit de haut. Dès que la royauté eut octroyé à la noblesse des fiefs héréditaires, chaque seigneur s'en attribua le nom, pour témoigner qu'ils étaient de toute ancienneté dans la famille, et qu'ils avaient été édifiés par celle qui s'appelait comme eux : Bouchard de Montmo-
rency, Pierre de la Trémouille. Particule !
Au moyen âge, les enfants naturels des nobles avaient le droit, comme les légitimes, de prendre le nom féodal de leur père33: Michel d'Amboise,le chevalier d'Orléans. Particule !
Les serfs, en quittant leur pays à la suite de leur maître, prirent son nom pour lui faire honneur3', et les domestiques se le donnèrent entre eux. Jacques, valet du marquis de Courval, se qualifiait Jacques de Courval; et Sylvia, camériste delà duchesse de Bouillon, Sylvia de Bouillon. Particule !
Avant l'ordonnance de 1579, la possession d'une terre noble conférait la noblesse à la tierce foi. Je laisse à penser si le roturier s'en donnait le nom. Andoche de Saint- Yon, Orner de Montdétour. Particule !
Au xvme, beaucoup de seigneurs firent ériger en dignité des biens sous leur vocable 3b ; les bourgeois aussi donnaient leur nom à quelque propriété et se disaient M. de cette propriété, c'est-à-dire M. ***, sieur ou seigneur dudit lieu ; de Pajadon, de Tremerol. Particule !