CHAPITRE II — HISTOIRE
Basile : «. ce qui est bon à prendre est bon à garder ».
Le lecteur dira peut-être que voilà bien des particules, et qu'à ce compte la plupart des noms doivent en être précédés. En effet, nous en aurions à peu près tous une, si quelque motif n'avait pas empêché sa transmission.
D'abord, il faut placer les lois de la grammaire. Ramus67, Nicot68 et RochefortM enseignent que, « chez les anciens auteurs et aucuns modernes, elle est presque toujours supprimée ou sous-entendue » . Les exemples abondent70 depuis Li coronemens Looys, Li covenans Vivien des chansons de gestes, en passant par le Pont Charenton que traverse Panurge , jusqu'aux épigrammes marotiques de Rousseau.
En outre, les mots les plus employés sont les plus courts, et les noms d'hommes qui servent fréquemment tendent às'écourter71. Aussi, dans l'usage, beaucoup de ces syllabes périrent : Nisard a pour origine Denisard, comme Naudet Renaudet, et Noël Emmanuel .
Il en succomba encore une multitude par incurie, à cause de l'indifférence que le peuple illettré avait pour elles en ce tempslà.
Enfin, un grand nombre de règlements, d'édits, de déclarations, d'avis, de délibérations, depuis l'ordonnance d'Amboise, en 1555, jusqu'à la loi du 7 mai 1858, produisirent quelques chutes de ce monosyllabe, soit en défendant d'une manière expresse 72 ou tacite, soit en obligeant .de ne prendre dans le monde et de ne signer dans les actes publics que son simple nom de famille.
La politique a fait tomber aussi des particules. Béranger 73, pendant la Restauration, avait répudié la sienne au bénéfice de sa popularité, et chacun sait qu'il eut des imitateurs, ne fût-ce que Glais de Bizoin sous Louis-Philippe, Prat de Lamartine en 1848 et le comte de Rochefort sous le second Empire.
Je voudrais ajouter que certains sobriquets n'ont jamais produit de ces prépositions, quoiqu'ils en aient l'air : ceux que