‹ La particule nobiliaireChapitre 53 sur 62 · EMPIRE · texte numérisé non relu

EMPIRE

Napoléon, après avoir créé l'empire, créa parles statuts de 1808 une nouvelle noblesse et un nouveau blason, car il ne voulait que des créations à lui.

Le conseil du sceau des titres immédiatement s'occupa de le satisfaire. En ce qui concerne notre sujet par exemple, il lui proposa « que nulle ville, commune, etc., ne

pussent à l'avenir se servir d'armoiries s'ils n'en avaient reçu la concession par lettrespatentes de Sa Majesté. » Ce qu'il décréta le 17 mai 1809 au camp de Schœnbrunn.

Le ministre de l'intérieur publia une circulaire explicative aux préfets. Celui du département de la Seine, M. Frochot, en donna communication à son Conseil général ; le Conseil général nomma une commission, la commission désigna un rapporteur, le rapporteur soumit un projet, le projet sous forme de demande fut adressé au prince archi-chancelier, le prince archi-chancelier prit l'avis du Conseil du sceau et les ordres de l'empereur, et le 29 janvier 1811, Paris obtint de porter : De gueules à un vaisseau antique d'argent, la proue chargée d'une figure d'Isis, assise d'argent, soutenu d'une mer du même et adextré en chef d'une étoile aussi d'argent, au chef cousu des bonnes villes de l'Empire qui est de gueules chargé de trois abeilles à la fasce d'or.

La présence d'une statue d'Isis, avec ses attributs, dans ces armoiries, est due à

l'inspiration du rapporteur Petit -Radel, membre de l'Institut qui, en souvenir sans doute de l'expédition d'Egypte, prétendait que le culte de cette divinité avait été très répandu dans les Gaules et surtout à Paris, où l'on avait longtemps adoré son vaisseau sacré le « baris78. »

Cette opinion est celle de plusieurs savants79. Pour l'admettre, il faudrait accepter des faits au moins douteux. Un pareil système exigerait que des marchands égyptiens eussent apporté cette superstition à Lutèce, que les druides l'eussent tolérée, que le polythéisme ne l'eût pas détruite, que la prédication de l'Evangile, secondée par la sévérité de nos premiers rois, ne l'eût pas anéantie, enfin que son attribut fût demeuré en honneur à Paris et même se fût perpétué comme devise du corps municipal de cette ville.

Il faudrait surtout annuler toute l'histoire qui précède et qui donne à l'adoption du vaisseau une origine si différente et j'ose dire si vraisemblable.

Telles furent cependant les armoiries de Paris sous l'empire.

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