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RÉVOLUTION

Depuis Fédit de 1633, par lequel le prévôt des marchands et les échevins étaient nommés par des fonctionnaires dont les charges étaient vénales, il y avait eu une sorte de scission entre l'administration et les administrés. Aussi le prévôt des marchands Flesselles fut-il une des premières victimes

de la Révolution, et le lendemain, 16 juillet

1789, les électeurs de Paris réunis à l'Hôtel de Ville, proclamèrent-ils pour chef « un maire. »

On trouve aux Archives de France, sous le n° 5594, daté du 18 juillet 1789, un sceau aux armes de la ville de Paris , dans un cartouche avec l'ancienne légende : Scel de la prév. et échev. de la ville de Paris. Il y a là une loi historique : les Francs, à leur arrivée en Gaule , adoptèrent provisoirement les usages de Rome ; les républicains firent de même vis-à-vis des insignes delà monarchie.

Le 3 1 juillet 1 7 8 9 , le sceau contient toujours les armes de la ville de Paris dans un cartouche, mais il est ovale et sans légende74.

On ne devait pas en rester là. Le 19 juin

1790, l'Assemblée nationale ordonna l'abolition de toutes les distinctions honorifiques et notamment des armoiries.

L'exécution de cette mesure ne provoqua pas d'opposition de la part des particuliers. Les villes furent plus susceptibles.

La plupart, comme je l'ai dit plus haut,

portaient pour blason celui du seigneur à qui elles avaient appartenu. L'administration leur appliqua la loi. Quelques municipalités alléguèrent que leurs armoiries étaient l'ancien sceau de leur commune73. Noble et sainte origine qui valait la peine d'être revendiquée et qui préserva de la destruction bien des chefs-d'œuvre artistiques. Paris était de ce nombre et garda son vieux navire pendant un certain temps. Il survint bientôt une période de transition où l'on mêla les usages du régime passé avec ceux du nouveau; c'est à cette époque qu'appartiennent les deux objets qui suivent.

D'abord c'est un sceau ovale76 : écu aux armes de la ville, entouré d'une couronne de lauriers et surmonté du bonnet phrygien ; en exergue: MAIRIE DE PARIS, 1789.

Vient ensuite une fontaine trouvée par M. Champfleury77. Sur la face principale est une figure symbolique de l'Egalité avec des attributs civils et militaires. La panse du bassin est ornée d'un bonnet phrygien au bout d'une épée, séparant deux médaillons.

DK PARTS 173

Le vaisseau de la ville de Paris , au-dessus duquel brille une fleur de lis , occupe l'un, les trois fleurs de lis sur fond d'azur, ou de France, garnissent l'autre.

En 1792, la commune de Paris, alors enivrée de sa puissance, répudia son passé municipal et royal; plus de navire, plus de fleurs de lis. Elle les remplace par les dates de la prise de la Bastille et du renversement de la monarchie, les symboles de l'affranchissement et du civisme. En effet, l'écu est chargé de l'inscription suivante :

Libellé — 14 juillet 1789 — Égalité — 10 août 1792.

qui est surmontée du bonnet phrygien et entourée de branches de chêne. Au bas sur une banderole, on lit : Secrétariat. Commune de Paris.

Depuis 1793 jusqu'à la fin de la Terreur la municipalité, pour se plier aux idées du comité de salut public, refit son sceau encore

une fois. Il représentait une femme vêtue à l'antique, la main droite placée sur le livre ouvert des Droits de l'homme, la gauche armée d'une pique que surmonte le bonnet de la liberté.

Après le 9 thermidor an III, une réaction eut lieu contre la Commune, et la Convention la supprima. Dès lors, c'est-à-dire dès que l'Etat prend en main la direction des affaires de Paris, le sceau de la ville disparaît pour faire place à celui du pouvoir exécutif, à la légende près.

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