‹ La particule nobiliaireChapitre 57 sur 62 · RÈGNE DE NAPOLÉON III · texte numérisé non relu

RÈGNE DE NAPOLÉON III

Il existait à la bibliothèque de l'Hôtel-de- Ville de Paris un manuscrit contemporain sur les armoiries de notre capitale, qui était revêtu de toutes les signatures propres à le rendre officiel.

La page 1 7 contenait un blason qui peut se lire : de gueules au navire équipé d'argent voguant sur les ondes de même, au chef d'azur semé de fleurs de lis d'or ; Vécu timbré d'une couronne murale de quatre tours d'or. La devise est : Fluctuât nec mergitur. On lisait au-dessous : « Approuvées par arrêté préfectoral du 24 novembre 1853.

A cette vue, les étudiants en droit [cet âge est sans pitié,] s'étonnèrent qu'un préfet,

sans consulter son Conseil municipal , ni prendre l'avis du Conseil du sceau, se fùl substitué au chef de l'État dans un acte régalien. Mais comme il n'y a pas de violation de la loi sans pénalité, le public se demanda pourquoi les Heurs de lis décoraient les armoiries de la capitale d'un empire dont le souverain porte des abeilles.

Quant à la devise, c'est la première fois qu'on en trouve une sur le sceau ou le blason de Paris, ainsi que l'atteste le mémoire qui précède. L'origine de cette légende latine paraît remonter au jeton d'Antoine Hennequin, à qui plusieurs prévôts des marchands ou échevins l'ont empruntée.

L'absence complète de devise propre à Paris vient peut-être de quelque texte ancien échappé à mes recherches, mais dont je reconnais volontiers la trace dans ce paragraphe 8 de l'avis du Conseil du sceau qui précéda le décret du 17 mai 1809 : « Il ne sera point accordé de devises aux villes et communes. »

Quoi qu'il en soit, on trouve ces armes

partout où l'administration municipale exerce ses droits; rien n'y a échappé, ni les uniformes des employés, ni les voitures, ni les becs de gaz, ni les bornes-fontaines, ni les girouettes de la préfecture.

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