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Et l'Europe, comme cela n'était guère douteux,
choisit ce que nous préférions nous-mêmes : la paix.
. Elle ne pouvait déjà plus choisir autre chose a})rès
une attitude si irréprochable et si conséquente de la
République, après un langage à la fois si énergique et si respectueux pour les droits de tous. Les peuples, édifiés de cette modération et de ce respect, n'auraient déjà plus suivi les gouvernements dans une croisade de Sainte-Alliance contre la France, si digne, si calme, si sage, si inoîTensive dans sa politique ; et si les souverains avaient voulu y forcer leurs armées, les rois auraient couru eux-mêmes à leur perte. Approcher leurs peuples en armes de la France dans une telle situation, c'eût été approcher le nuage de l'électricité : l'explosion de la démocratie se serait fait en abordant nos frontières. Nous le savions bien.
§ vn.
Aussi ne tombèrent-ils pas dans cette faute, ils regardèrent, sans oser y toucher, surgir, agir, grandir et se constituer la llépublique. Aucune tentative de coalition n'était possible contre une démocratie qui mettait ainsi le droit et les peuples, Dieu -et les hommes de son côté. L'Angleterre, pays où la liberté a une voix et où le peuple a une conscience dans le Parlement, ne l'aurait pas pu solder ni permettre, cette coalition. La Prusse, déjà neutre en 92, n'aurait pas hésité à rester bien plus que neutre en 18i8. Les puissances secondaires de l'Allemagne, peu sympathiques à l'Autriche, eussent été retenues parla neutrahtéde la Prusse et de l'Angleterre. Nous n'avions donc à redouter, dans le système que nous adoptàmeS;, que la Russie et l'Autriche.
L'Autriche? L'Italie, alors soulevée sans nous, mais au besoin armée et guidée par nous, nous en répondait.
Restait donc la Russie seule à combattre. Mais nous avions pour auxiliaires contre la Russie alors, la Pologne, la Hongrie, la Valaclîie,la Moldavie et enfin la Turquie, puissance menacée, mais grandissant sous le patronage d'une nouvelle civilisation qui attend le réveil.
Et d'ailleurs, pour nous attaquer, il fallait que la Russie traversât toute l'Allemagne et la foulât sous le pas de ses armées. Croyez- vous que l'Allemagne^ déjà agitée et démocratisée , n'eût pas frémi sous ces colonnes russes, et ne nous eût pas donné des auxiliaires dans ses populations insurgées contre l'omnipotence du czar.^
Vous le voyez donc, une fois le manifeste de la République accepté comme base de notre politique étrangère, nous n'avions rien à craindre sur aucun point de notre horizon.
L'événement l'a assez prouvé; si vous y persévérez; il le prouvera dix fois plus encore.
§ vin.
Or, puisque ce système était bon, bon à la fois pour la paix et pour la sécurité de la République, tout autre système était donc mauvais. C'est la conséquence.