LAZARE
Jésus l f accepte de grand cœur.
SIMON
Je crains qu'il ne soit arrivé. Hâtons-nous, Entrez
donCy voisin, Marthe / vous plairait-il m' aider? Çà^ couvrons la tableau est tard.
Comme, en la demeure de Simon, Simon, Marthe et Lazare disposent les plats, écuelles, tasses et rangent les chaises, un apothicaire venant d'Orient et poussant haquet, huche de voix notée :
Oyez, voyez, oyez, voyez! f ai du safran, du musc, de V ambre! et jai de fins parfums dEphèse!
MADELEINE (venue par Occident s'approche),
Dieu vous garde !
L'APOTHICAIRE
Que Dieu vous aide !
MADELEINE
Combien me ferez-vous ce baume ?
L'APOTHICAIRE
Ah! damoiselle, il est luisant f et fin ! il me vient de Damas,».
Cependant Jésus et ses disciples longent les man> sions ; ils se parlent en amitié et entrent dans le logis de Simon, qui les reçoit et fait asseoir, en témoignant sa joie. On les entend murmurer Benedicite. Un valet se tient à l'entrée de la mansion.
L'APOTHICAIRE
Je ne veux pas vous le surfaire! Dix écm, dix, voilà son prix.
MADELEINE
Dix écus ! rC est-ce pas trop cher ?
L'APOTHICAIRE
Il est à prendre ou à laisser. En voici d'autre^ à vingt deniers.
MADELEINE
Non^ non! donnez! voici V argent. Versez le baume dans ce vase.
L'apothicaire, après avoir versé le baume, poursuit sa route vers Occident :
Oyez ^ voyez,* oyez, voyez! f ai du safran^ du musc, de V ambre! et f ai de fins par fum^ dCEphèse! Oyez, voyez, oyez, voyez! fai du safran ... ($a voix se perd au loin.)
MADELEINE (au valet de Simon)
Valet! je voudrais voir Jésus!
LE VALET (désignant Jésus)
Dame, regardez^ il est là.
Jésus et ses disciples, Simon, Lazare, sont assis autour de la table et devisent en mangeant. Madeleine pénètre à pas lents dans lamansion. Elle porte le vase sur la paume de la main gauche renversée, l'autre main au goulet. Elle parvient à Jésus, s'arrête, et semble lui parler, craintive. Elle répand le baume sur ses cheveux, et les oint. Lors les disciples se penchent les uns vers les autres et murmurent. On voit Judas se soulever, un bras tendu. Il dit, sur un ton de colère :
JUDAS
On pourrait le vendre et bailler V argent aux pauvres^ dont je suis.
Madeleine, prosternée, sanglote. Jésus lève la main, le bruit s'apaise, et Judas se rassied.
JÉSUS
Vous faites pleurer cette femme! Laissez-la, Elle a bien agi. N'aurez-vous pas toujours des pauvres ? et vous ne m'aurez pas toujours.
Le rideau de la mansion tombe.
Quatre prêtres, venant d'Occident, traversent la scène. Judas marche sur les pas du dernier, et lui parle, courbé, les mains sur la poitrine.
LE PRÊTRE
Laisse-moi I