‹ La Pasteurellose des bœufs et des buffles en IndochineChapitre 24 sur 64 · DIAGNOSTIC SUR LE CADAVRE · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC SUR LE CADAVRE

FORMES AIGUËS

a) Sans localisations particulières.

Tous les tissus, tous les organes sont congestionnés: le tissu conjonctif sous-cutané et interstitiel, les séreuses à leur surface, sont mouillés de sérosité.

Il faut différencier : |

Du charbon bactéridien; le sang y est noir, poisseux, incoagulable, la rate volumineuse et boueuse;

De la piroplasmose aiguë; tous les tissus sont ictériques; la vessie contient une urine plus ou moins fortement tentée par l’hémoglobine.

b) Lors de dominance ganglionnaire super ficelle.

Ï L'examen met en évidence l’æœdème de couleur parti-

culière, au voisinage d’un seul ou de plusieurs groupes ganglionnaires, au sein du tissu conjonctif sous-cutané.

Les ganglions en général et tout particulièrement ceux des groupes intéressés, les muscles, présentent des altérations spéciales; les cavités splanchniques renferment une quantité variable d’exsudat.

Il faut différencier :

Du charbon bactéridien; par les caractères distincts du sang et de la rate;

Du charbon symptomatique; il se caractérise par des tumeurs intra-musculaires de nuance foncée, noires et friables en leur partie centrale;

NÉOISE

De la septicémie gangreneuse; tout exceptionnelle chez le bœuf et le buffle et consécutive au part elle a des signes nécropsiques particuliers : odeur putride du cadavre; œdème infiltré de gaz, surtout abondant à la surface de l'utérus et du vagin qu'il revêt dans la cavité abdominale; épanchement péritonéal de couleur rou-

geâtre.

c) Lors de dominance abdominale.

Lésions de péritonite exsudative séreuse ou sérofibrineuse; inflammation violente de tous les ganglions; altérations congestives ou inflammatoires de la caillette (partie lisse) et de l’intestin grêle surtout.

d) Lors de dominance thoracique.

Lésions de pleurésie et de péricardite séreuses ou séro-fibrineuses; infiltration sous-séreuse (sommets-médiastins) et interlobulaire toujours appréciable; adénite aiguë intense; îlots réduits ou larges foyers de pneumonie; à noter l’aspect particulier des tissus inflammés à l’entrée de la poitrine.

Il faut différencier :

De la péripneumonie, c’est très difficile en certains cas; les lésions de péripneumonie s’étendent moins communément que celles de pasteurellose au péricarde.

Aux différentes lésions qui permettent d'établir la différenciation de la pasteurellose aiguë, il faut ajouter les taches hémorragiques dont nous avons précédem-

Len ue

ment donné les caractères; ces taches, si elles ne sont pas l’apanage exclusif de la pasteurellose, et si même elles ne sont pas de règle absolue dans cette affection, se présentent cependant très fréquemment chez les sujets infectés de pasteurella, et presque toujours alors avec une netteté et une intensité surprenantes; elles sont dans certaines circonstances la signature de la

pasteurellose.

FORMES CHRONIQUES

Les altérations qu’elles causent ne sont pas spéciales à l'affection.

a) Lors de localisation pulmonaire.

Il faut différencier :

De la péripneumonie aiguë ou chronique; les lésions pulmonaires indiquent ici une activité plus marquée de l'infection; les îlots hépatisés de nuances plus variées sont noyés dans un œdème abondant qui n’existe pas dans la pasteurellose chronique à forme thoracique non plus que les lésions inflammatoires des séreuses susceptibles de prêter à confusion lors de pasteurellose aiguë à dominance thoracique.

Des broncho-pneumonies banales; c’est difficile et

d’un intérêt très réduit.

b) Lors de localisation intestinale.

On relève des lésions hémorragiques et parfois ulcé-

reuses de la muqueuse digestive, lésions d’ailleurs très imprécises; les cavités séreuses renferment une faible

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quantité d’exsudat; on note fréquemment des signes de cachexie.

Il faut différencier :

Des entérites chroniques cachectisantes de nature banale; mais la forme intestinale chronique de la pasteurellose n’est qu’une variété de ces états morbides;

De la peste bovine aiguë sous un type mal caractérisé; par les lésions ulcéreuses de la muqueuse buccale et par l’absence d’épanchements séreux surtout.

La coexistence des deux maladies ne peut être établie sûrement que par les moyens expérimentaux.

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