‹ La Pasteurellose des bœufs et des buffles en IndochineChapitre 27 sur 64 · VIII — ETIOLOGIE À. — MATIÈRES VIRULENTES · texte numérisé non relu

VIII — ETIOLOGIE À. — MATIÈRES VIRULENTES

FORMES AIGUES

Lors de pasteurellose aiguë, avec ou sans localisations, au moment de la mort et dans les heures qui la suivent, tous les tissus et toutes les humeurs peuvent être virulents, mais quelques remarques s’imposent ici qui.concernent d’une part la virulence du sang et d’autre part la virulence des déjections diverses.

19 Vrrulence du sang.

a) Les microbes n’apparaissent dans le sang qu'après un certain temps au cours de l’évolution clinique de la maladie; cette apparition même coïncide avec une aggravation nette, brutale parfois des symptômes, et qui conduit à la mort; voici quelques expériences à l'appui de cette assertion.

Première expérience. — 1 bufflon, de 2 ans reçoit, par la voie digestive, 1 litre d’extrait virulent d’æœdème spécifique prélevé sur des veaux morts de barbone expérimental (21 août 1925).

Trois Jours après, et vingt-quatre heures avant la mort, alors que la maladie est en pleine évolution (inappétence absolue; prostration accusée; signes de localisation pulmonaire — dyspnée intense; tempé-

rature de 400), on fait une prise de sang dans la Jugulaire et on inocule

ARS Nr Re un lapin de ? centimètres cubes du liquide — l’animal dans la suitene

présente aucun trouble.

2e Expérience. — 1 bufflon de 1 an reçoit, par la voie digestive, 300 centimètres cubes d’extrait d’æœdème virulent d’origine veau également (2 avril 1926).

Deux jours après, moins de six heures avant la mort (signes de localisations gutturele et thoracique; température de 4005), on recueille à l'oreille quelques gouttes de sang qu’on inocule à un lapin par scarification cutanée, aucun trouble ne se produit chez cet animal. On ne peut évidemment pas conclure de ce deuxième essai qu’il n’existait aucun agent dans le sang mais on est fondé à considérer qu'iln’y avait

pas septicémie au moment du prélèvement.

3e Essai. — 1 veau (n° 254 B) reçoit sous la peau de la cuisse 5 centimètres cubes de sang virulent de lapin.

Vingt-quatre heures après, trente heures avant la mort, alors que l’æœdème atteint au point d’inoculation un volume déjà considérable (température 400), on fait une prise de sang dans la jugulaire et on inocule 1 centimètre cube du liquide sous la peau d’un lapin; aucun trouble chez l’animal.

Notons qu’à l’autopsie les trois sujets d'expérience ont été trouvés porteurs de lésions très nettes de pasteurellose et que leurs sangs con-

tenaient à ce moment d'innombrables pasteurella à l’état de pureté.

Remarquons ici enfin que les veaux et bufflons à la mamelle ne contractent pas la maladie d’ordinaire; cette constatation est entièrement en accord avec les observations que nous venons de rapporter; elle conduit aux mêmes conclusions : il n’y à pas de microbes dans le sang —- ou très peu seulement — lorsque la pasteurellose évolue vers la guérison; ils n’envahissent la circulation dans les cas mortels que tardivement, alors que la sécrétion lactée s’est complètement tarie.

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. b) Lors de pasteurellose aiguë, la virulence du sang des cadavres peut être fugace; c’est ainsi que parfois, en l’absence de foyers infectieux caractérisés on ne réussit pas à mettre en évidence par les moyens expérimentaux usuels, l’agent microbien responsable de la mort.

c) Chez le veau, lorsqu'il s’est constitué quelque foyer au cours de l’évolution de la pasteurellose, le microbe s’y multiplie bien avant de se répandre dans le sang — les 2€ et 3€ essais rapportés en-témoignent implicitement; l’on peut mettre le fait en évidence, même chez le lapin, encore que la rapidité d'évolution de la pasteurellose du bœuf soit chez lui un obstacle sérieux aux expériences de cette sorte; l'exemple suivant est concluant.

Un lapin est inoculé de 1 centimètre eube de sang virulent, par injection hypodermique.

Cinq heures après on prélève :

a) 1 centimètre cube de sang (à la veine de l’oreille) qu’on injecte immédiatement sous la peau d’un lapin:

b) Les ganglions du flanc et le péritoine dont on fait un extrait qu’on injecte à un premier lapin, par voie hypodermique, et à un deuxième lapin par scarification cutanée.

Aucun trouble ne survient chez le lapin inoculé de sang, aucun trouble non plus chez le lapin traité par scarification, le troisième (extrait ganglionnaire et péritonéal sous la peau) meurt de pasteurel-

lose en vingt-quatre heures.

De tout cela nous pouvons conclure que la pasteurella du bœuf, et qu'on l’introduise dans l’organisme par voie sous-cutanée ou par voie digestive, se fixe tout d’abord en certains points vraisemblablement déterminés, qu’elle s’y multiplie, mais qu’elle n’envahit le

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