‹ La Pasteurellose des bœufs et des buffles en IndochineChapitre 34 sur 64 · X.— MODES DE PÉNÉTRATION · texte numérisé non relu

X.— MODES DE PÉNÉTRATION

Des avis divers ont été émis successivement sur ce point.

D’après Oreste et Armanni, les sucs digestifs ne modifieraient pas la virulence et l’on donnerait inévitablement la pasteurellose à l’animal sain par ingestion; la pénétration ne s’effectuerait que très rarement par la voie respiratoire et par la peau, lors d’excoriation ou de solutions de continuité.

Makoldy croit à la pénétration par la muqueuse buccale au niveau d’érosions produites par les fourrages durs et piquants, ce qui expliquerait l’apparition ordinaire à la gorge des premières lésions.

Von Ratz échoue dans ses tentatives de contamination par la voie digestive.

Bollinger détermine expérimentalement la forme pectorale de la maladie par l'introduction du virus dans le tractus digestif.

Pour Friedberger et Frôhner, la forme « exanthéinateuse » résulterait de l’infection par la peau, la forme pectorale et la forme intestinale de l'infection par les muqueuses pulmonaires et intestinales; la pénétration par la voie cutanée se ferait à la faveur de piqûres d’insectes (mouches, täons) et des blessures du tégument.

Baldreyÿ prétend que, lorsqu'on fait ingérer aux bovidés, en même temps que leurs aliments ou boissons, des germes virulents, les animaux qui présentent des abrasions de la muqueuse digestive (7%) prennent la mala-

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die, les autres y échappent, mais la majorité d’entre eux

sont ultérieurement résistants à l’injection sous-cutanée d’une dose sûrement mortelle de virus. Il pense d’autre part au rôle éventuel des puces et des poux dans la transmission naturelle par voie tégumentaire.

Lignières observe chez des veaux une pneumonie enzootique à pasteurella; pour lui ces jeunes animaux se seraient souillés le mufle et la muqueuse nasale en tétant, ce qui expliquerait leur contamination par pénétration respiratoire directe du virus.

Nuttal invoque l’action des tiques.

Gaiger de son côté considère l’inoculation comme nécessaire à la pénétration des pasteurella; il ne croit pas à l’infection par la voie digestive.

Holmes fait ingérer sans troubles à des bovidés, de grandes quantités de culture et constate que dans la suite 1ls sont immunisés, mais il estime que les animaux dont la résistance est affaiblie par la fatigue, le mauvais état général, des conditions d'hygiène défectueuses ou pour tout autre cause, sort très sensibles à l’ingestion de virus.

Schein administre sans succès de grandes quantités de culture à des veaux; il se rallie néanmoins aux partisans de la pénétration par la muqueuse digestive.

Le Louet étudie longuement une épidémie envahissante dans l’ouest de la Cochinchine; tout en réservant un rôle important aux aliments souillés, 1l pense « que la contamination par voie cutanée est fréquente par les orattages, plaies, éruptions discrètes, piqûres souillées de virus, conditions qui rappellent la contamination expérimentale quoiqu’elles soient moins sévères ».

Nous avons effectué, en Indochine, un certain nombre d'essais sur la transmission de la pasteurellose par la voie digestive; en voici l’exposé.

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