IX. — MODES DE CONTAGION
La pasteurellose ne se transmet pas par simple contact d'animal sain à animal malade; dans les troupeaux contaminés les cas restent isolés le plus souvent et, lorsque la maladie y sévit par poussées, celles-e1 s’espacent de telle manière qu’on ne saurait invoquer la transmission directe du contage.
Les germes gîtent à la surface du sol et dans les eaux dormantes; les constatations suivantes sufliraient à le prouver.
En Egypte Piot a pu enrayer, puis prévenir les épidémies de pasteurellose en obligeant les animaux qui jusqu’alors s’abreuvaient dans les collections d’eau météorique à la surface du sol, à ne consommer que l’eau d’abreuvoirs alimentés par des puits profonds.
Dans les pays à pasteurellose, et particulièrement en Indochine, c’est dans les contrées périodiquement ou constamment inondées que la maladie apparaît le plus souvent et se présente sous ses modalités épidémiologiques les plus sévères; en région sèche, là où les agents microbiens ne trouvent pas à la surface du soi des conditions favorables à leur multiplication, les épidémies, beaucoup plus limitées, se déclanchent au début de la saison des pluies et parfois au cours de la saison sèche, à la suite de quelque orage.
L'influence des facteurs atmosphériques s’exerce d’ailleurs partout de la même manière; dans les régions tempérées, à hiver froid la pasteurellose du bœuf est une
maladie d’été, ainsi que nous l’avons précédemment indiqué, tandis que dans les contrées chaudes, et sous réserve qu'une certaine humidité règne à la surface du sol, elle peut sévir toute l’année.
Enfin les indigènes savent bien, en diverses régions qu’il suffit de faire émigrer vers la montagne les troupeaux contaminés de pasteurellose, pour que la mortalité cesse.
C’est par l’intermédiaire des fourrages verts et de l'eau de boisson que s’infectent ordinairement les animaux soit au dehors, soit à l’étable.
Les buffles peuvent également se contaminer dans les bourbiers où 1ls ont coutume de se vautrer.
Les viandes, les peaux d'animaux morts sont susceptibles de transporter au loin la maladie; on peut sous ce rapport attribuer un certain rôle aux chiens, aux bêtes . puantes, aux oiseaux de proie, aux insectes dans la dissémination du contage.