‹ La Pasteurellose des bœufs et des buffles en IndochineChapitre 47 sur 64 · XI. — PATHOGÉNIE · texte numérisé non relu

XI. — PATHOGÉNIE

La conception qu’on peut s’en faire est dominée par quelques considérations que nous exposerons tout d’abord.

De l’examen nécropsique de sujets morts de pasteurellose naturellement contractée ou consécutive à l'administration per os de produits virulents, il résulte que les localisations infectieuses se font avec prédilection autour de certains groupes ganglionnaires : à hauteur de la gorge, dans les régions sous et préscapulaire à droite, à l’entrée de la poitrine, entre les feuillets du médiastin, en un mot dans tout le territoire desservi par les affluents de la grande veine lymphatique.

Mieux, nous avons plusieurs fois constaté qu’à la suite d'introduction du virus en un point quelconque du tissu conjonctif sous-cutané, les altérations <e présentaient autour de ces groupes ganglionnaires avec une intensité qui ne se rencontrait pas ailleurs; en voici, parmi d’autres, un exemple particulièrement démonstratif :

Veau 178 À inoculé de 1 /250 de culture virulente sous la peau de la fesse gauche le 16 janvier 1926.

A la suite de l’inoculation, on note : fièvre, œdème au point d’injection, impotence fonctionnelle totale et mort le 20.

A l’autopsie, au voisinage du point d'insertion du virus, on observe des altérations bien caractérisées du conjonctif et des muscles; mais,

en outre, le tissu cellulaire sous-cutané de tout le côté droit du corps

est violemment enflammé et il existe, l’un sous la gorge, l’autre sous l'épaule droite, deux foyers infectieux intenses d’où l’inflammation s’est irradiée d’une part vers les joues, d’autre part sur la côte et dans les interstices des ilio-spinaux; dans les cavités splanchniques, les localisations séreuses et viscérales, sans être rigoureusement unila-

térales, sont néanmoins plus accusées à droite.

Il nous faut ajouter que dans les cas comparables à celui-ci, les altérations lointaines, apparemment aberrantes, mais en réalité spécifiques ne se sont trouvées bien développées que lorsque l'infection locale au point d’inoculation n’avait pas frappé très sévèrement les ganglions les plus proches; cette constatation fait entrevoir le rôle prédominant du système lymphatique dans l’évolution de l’affection. Nous y reviendrons un peu plus loin.

Ainsi que nous l’avons indiqué d’autre part, le sang n’est infectieux dans la pasteurellose que tardivement; la phase de septicémie est, en d’autres termes une phase agonique ou pré-agonique dans les cas mortels; dans les cas non mortels cette phase n’existe pas, il n’y a assurément dans le sang que très peu de microbes, et de façon inconstante (bactériémie discrète).

Enfin, il apparaît que l’infection frappe au premier chef l'appareil Iymphatique;1il nous suffit de mentionner la constance et l'intensité des lésions observées à la fois dans le tissu conjonctif sous-cutané et interstitiel, dans les diverses séreuses, au sein des ganglions et dans leurs atmosphères conjonctives respectives; nous rappellerons aussi à ce sujet l'expérience particulièrement démonstrative rapportée page 59 et les constatations du même ordre signalées plus haut.

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