‹ La Pasteurellose des bœufs et des buffles en IndochineChapitre 48 sur 64 · RE MEME · texte numérisé non relu

RE MEME

a) Pasteurellose d’inoculation.

Les germes virulents introduits dans le tissu conjonctf sous-cutané se multiplient d’abord sur place;'ils édifient là un foyer primaire qui tantôt reste la localisation dominante de l’infection et d’où tantôt les germes essaiment pour aller constituer en des régions électives des foyers secondaires. |

Il existe apparemment, sous ce rapport, deux centres d’appel pour les pasteurella dans l’organisme, le groupe des ganglions rétropharyngiens et le réseau lymphatique de l’intestin, en certains de ses points surtout. La prédisposition de ces centres d’appel peut s'expliquer par lPétat de moindre résistance où ils se trouvent ordinairement, assaillis qu'ils sont sans cesse par les. agents microbiens innombrables des flores buccale et intestinale. En ce qui concerne plus particulièrement le tractus digestif, 1l est rationnel de supposer que la caillette dans sa partie lisse et l’intestin grêle, plus richement dotés en lymphatiques sont davantage exposés aux déprédations des microbes; de fait c’est à leur niveau qu’on relève les lésions les plus vives. À hauteur de la gorge, l’infection partant des ganglions tend à envahir tout le réseau lymphatique auquel appartiennent ces ganglions, c’est-à-dire tout le territoire desservi par la grande veine lymphatique et notamment, l’épaule droite et la cavité thoracique; elle se fait là de nouveaux foyers au niveau des masses oanglionnaires importantes (1)... les localisations sous-

(1) Guerrieri et Borzoni avaient remarqué autrefois que lors d’envahissement des membres antérieurs il est rare que la gorge ne présente pas quelque trace d’æœdème, mais ils considéraient cet œdème guttural, comme secondaire par rapport à la lésion scapulaire.

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cutanées (gutturale et scapulaire), thoracique et abdominale se trouvent ainsi éventuellement réalisées.

Leur genèse présentée de cette manière est d’ailleurs purement schématique; dans la réalité, et pour des” raisons généralement impossibles à préciser, 1l arrive que telle localisation secondaire ou tertiaire prédomine, que toutes évoluent simultanément avec une égale intensité, qu'aucune ne se caractérise nettement, qu’il s’en présente d’erratiques (l'influence des traumatismes est à noter ici), que certains foyers ganglionnaires primitivement unilatéraux s'étendent au côté opposé (œdème collatéral type Virchow).

Quoiqu'il en soit, et plus ou moins vite suivant la défense opposée par l’organisme, l’infection progresse, par voie lymphatique sans doute, puis passe dans le sang; la défaillance organique est alors irrémédiable, la septicémie s'établit brutalement.

C’est à ce moment que se constituent, semble-t-il, en dehors des foyers infectieux, les lésions hémorragiques que l’on observe à l’autopsie; elles paraissent récentes en effet et toutes à peu près contemporaines; c’est à ce moment que s'effectue également l’exsudation plasmatique généralisée.

Les lésions hémorragiques sont de deux sortes, infarcti rouges et hémorragies capillaires étalées; celles-ci sont particulièrement nettes en certains points où des dispositions anatomiques spéciales et le jeu physiologique des organes voisins favorisent la rupture des capillaires et l’étalement du sang épanché : faces de la paroi costale, face interne de l’épaule, tendons, surface des joues, piliers du cœur à l'insertion des. cordes valvulaires et surtout à gauche par suite sans doute de l’activité musculaire plus grande de cette partie du cœur.

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Quant aux altérations des muqueuses enfin, elles relèvent, pensons-nous, de deux processus distincts: les unes résultent d’une localisation infectieuse au sein même des tissus lésés, les autres (le long du tube digestif notamment) ne traduisent qu’une réaction de l’organismée pour éliminer les microbes.

b) Pasteurellose d'infection.

Les germes virulents sont apportés dans le tube digestif par les aliments solides ou liquides; ces germes dont la virulence peut être déjà grande, mais dont le pouvoir pathogène n’est pas forcément très élevé, passent dans l’économie, facilement, mais dans des conditions indéterminées. On est fondé à admettre que la. multiplication des pasteurella dans l'intestin et que peut-être leur exaltation, que leur pénétration dans l’économie enfin, sont favorisées, celle-ci biologiquement plutôt que physiquement ou mécaniquement, par certaines lésions préexistantes de la muqueuse (ulcérations banales ou pestiques, érosions traumatiques, morsures d’helminthes), et par certaines modifications chimiques ou biochimiques du contenu des organes digestifs (influence de l’association microbienne et de la composition de la ration).

Mais la présence du germe pathogène dans le milieu interne, ne s’accompagne pas forcément d'infection clinique; pour que cette infection se manifeste objectivement 1l est nécessaire que l’agent microbien se fixe d’abord en un ou plusieurs points de l’organisme pour s’y multiplier ensuite et y édifier un ou plusieurs foyers

infectieux. Comme dans la pasteurellose d’inoculation, les foyers siègent en des régions électives.et l’on peut rationnellement penser que leur formation est condirionnée, au premier chef, par le surmenage auquel ont éventuellement à faire face les organes lymphatiques. sur lesquels ils s’édifient.

Les circonstances dont s’entoure la formation des métastases microbiennes sont plus complexes, semblet-il, après infection naturelle qu'après inoculation hypodermique expérimentale du virus; c’est que dans le premier cas certains des organes lymphatiques sur lesquels pourrait éventuellement coloniser l’agent pathogène dans l'organisme sont en relation étroite avec les surfaces muqueuses qu’il emprunte pour pénétrer dans cet organisme (muqueuse digestive sur toute son étendue), et il en résulte que le développement que sont susceptibles d'acquérir les foyers infectieux métastatiques est fonction directe (foyer contigu) ou inverse (foyer distal) du développement même de la porte d’entrée du microbe dans l’organisme.

Lorsque la lésion d’entrée est réduite — nous ne dirons pas discrète car elle l’est toujours; elle est même inapparente et pas plus que d’autres nous ne saurions dire que nous l’avons fréquemment et sûrement décelée — des métastases lointaines peuvent se constituer d’où même éventuellement l’agent microbien essaimera pour aller coloniser ailleurs; la pénétration par la muqueuse pharyngienne donnera ainsi lieu à une pasteurellose thoracique ou abdominale si ces régions possèdent quelque prédisposition à s’infecter, et pareillement après effraction de la muqueuse intestinale, l’agent pathogène ira se cantonner dans la gorge puis vers l'épaule et dans la cavité thoracique, ou seulement dans l’une de ces régions, si elles se prêtent à l’agression.

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