‹ La Pasteurellose des bœufs et des buffles en IndochineChapitre 59 sur 64 · XVII. — CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

XVII. — CONCLUSIONS

19 La pasteurellose des bœufs et des buffles, signalée pour la première fois en Indochine par Condamine en 1868 et identifiée par Schein en 1901, frappe le bétail de la plaine sur tout le territoire de notre colonie. Sporadique par foyers très réduits dans la plupart des cas, elle est susceptible de se présenter aussi, à la faveur de circonstances relevant de la nature et du relief du sol (plaines irriguées et marécages des deltas), des particularités du climat (chaleur et humidité) du mode d’emploi des animaux (travaux de rizières effectués par des buffles qui dans les périodes de repos vont paître en grandes troupes), sous la forme d’enzooties rapidement envahissantes;

20 La pasteurellose est essentiellement une maladie aiguë en Indochine; ses formes chroniques sont de peu d'importance, du point de vue médical parce que souvent sans gravité, du point de vue épidémiologique parce que très rares et d’une influence médiocre dans la perpétuation d’un contage d’origine tellurique et que les malades atteints de formes aiguës DAS largement à la surface du sol;

39 La maladie est drain par «Pasteurella boviseptica » (Kitt 1887), agent de la pasteurellose des grands ruminants dans tous les pays. Au point de vue épidémiologique, tout se passe comme si ce germe existant à l’état saprophytique sur les sols himoneux et dans les collections d’eau dormante, devenait patho-

gène pour les bœufs et les buffles dans certaines circonstances : variations de la température et de l’état hygrométrique de l’atmosphère, perturbations digestives d’ordre biochimique dues aux variations saisonnières du régime alimentaire, altérations des muqueuses du tube digestif dans divers états pathologiques (peste bovine, entérites banales, DUT MERS gastro-intestinales); |

40 La pasteurella spécifique n’agit pas en vertu de sa toxicité (exotoxine), mais par sa virulence ou du moins en fonction directe de cette virulence (endotoxine?);

50 L'agent pathogène pénètre dans l’économie par la voie digestive le plus souvent; peut-être son passage | est-1l possible à travers les muqueuses saines? quoi qu'il en soit, nos expériences ont démontré que les lésions de ces muqueuses favorisent l'infection des tissus;

60 La pasteurella frappe primitivement et de façon élective l'appareil Iymphatique; A

7° Le groupe des ganglions rétropharyngiens et le réseau lymphatique du conduit gastro-intestinal apparaissent comme deux centres d'appel prédominants pour la pasteurella; elle s’y cantonne d’abord et y cultive, mais peut aussi, étendant son action, faire des métastases dans les groupes ganglionnaires en aval (ganglions brachiaux, ganglions trachéo-bronchiques). C’est ainsi que l’on assiste à l’évolution de pasteurellose dites intestinale, œdémateuse — celle-ci gutturale ou scapulaire le plus souvent, — AGE ces diverses formes de la maladie pouvant s’associer diversement ou se présenter isolément chez les malades.

Les désordres résultant du développement des foyers infectieux au sein même de l’appareil lymphatique brisent à un moment la résistance organique : la générali-

sation s’effectue brutalement alors et l’animal meurt en septicémie.

Il semble donc Fionel de considérer que la genëso de l’infection est conditionnée par l’existence dans l'organisme, là où fait irruption l’agent pathogène ou au contraire à quelque distance, d’un locus minoris resistantiæ sur lequel la pasteurella puisse se fixer et édifier un foyer infectieux spécifique.

La forme dite suraiguë de la pasteurellose répondrait ‘à une infection massive des tuniques intestinales et du réseau lymphatique péritonéal;

80 Les symptômes sont généraux etlocaux; généraux, ils traduisent la réaction de l’organisme à l'infection microbienne; locaux, ils expriment l’évolution de localsations infectieuses diverses : signes de péritonite aigue exsudative et d’entérite aiguë hémorragique, signes de pleuro-pneumonie séro-fibrineuse doublée de péricardite, manifestations déterminées par l’inflammation de certains groupes ganglionnaires et la formation consécutive dans leur voisinage d’œdèmes inflammatoires;

90 Les lésions sont banales ou spécifiques; banales, celles que l’on pourrait attendre de toute infection généralisée : congestion diffuse, piqueté hémorragique; spécifiques, celles qui résultent de la culture de Pagent causal en certaines régions : œdèmes sous-cutanés et interstitiels, exsudats cavitaires, suffusions sanguines; celles aussi qui traduisent l’invasion ultime de tous les tissus par le germe spécifique; suffusions sanguines, exsudation plasmatique généralisée ; |

100 La morbidité, faible dans l’ensemble du pays est en rapport avec les conditions locales d'exploitation du bétail; elle est beaucoup plus considérable dans les régions basses et humides qu'ailleurs.

La mortalité chez les malades, toujours très élevée chez les buffles peut s’abaisser jusqu’à 50 % chez les bœufs; |

119 La prophylaxie médicale comporte des indications variables avec la région envisagée; dans les pays où la maladie se présente habituellement par cas isolés ou par petits foyers sporadiques, la séroprévention des animaux exposés à la contamination serait avantageuse lorsqu'apparaissent les premiers cas; dans les contrées où l’extension du contage est à redouter il serait indiqué de vacciner périodiquement les adultes et chaque année les jeunes au sevrage;

120 La prophylaxie sanitaire peut se réduire en maintes circonstances à quelques mesures simples, d'application facile, et n’entraînant pas de trouble profond dans la vie économique des régions intéressées.

Vu : le Président de la thèse,

LEMIERRE Vu : le Doyen,

H. ROGER Vu et permis d'imprimer :

Le Recteur de l'Académie de Paris

CHARLETY

1. Culture de Pasteurella boviseptica en bouillon Martin, après quarante-huit heures d’étuve.

2, Culture de Pasteurella boviseptica sur gélose Martin, après quarante-huit heures d’étuve.

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