BRUXELLES
F, ylace de Louvain, 5.
Droits de traduction *t de rej roductio réservés.
HOLY KEDE£M£R LÎBRARYJ^fôsnp
in 2011 with funding from
University of Toronto
http://www.archive.org/details/lapaternitchr03mati
Les épreuves de la famille eu général.
Messieurs,
Il n'est point de familles qui puissent se promettre d'échapper longtemps à ces tristesses, qui sont semées si abondamment dans le champ de notre vie. Le monde les appelle accidents, revers, disgrâces. Le chrétien, qui sait mieux les comprendre et en apprécier la nature, leur donne un nom plus doux. Ce sont pour lui des épreuves, des croix; les souffrances dont elles sont hérissées, ont été voulues de Dieu ; elles entrent dans le plan m. 1
z VINGT-CINQUIÈME CONFÉRENCE.
providentiel, non-seulement par rapport à chacun d'entre nous en particulier, mais aussi pour la famille entière, prise dans son ensemble et considérée dans son existence collective.
Eq effet, nous l'avons dit assez souvent, cette société, restreinte aux limites du foyer, constitue un tout homogène, qui a son être à part, son individualité distincte. Elle doit, comme telle, avoir sa religion et payer à son Auteur un tribut spécial d'hommages. Gela est si vrai que, même dans le paganisme, chaque foyer avait ses lares, chaque maison possédait ses divinités tutélaires et leur rendait de spéciales adorations.
Mais, Messieurs, vous le savez, il n'y a point de culte parfait saus sacrifice. Celui de la famille serait-il le seul à se passer de cet honneur, à manquer de ce complément nécessaire? Non, il aura, lui aussi, ses immolations ; il ne sera dépourvu ni de victimes à présenter à Dieu, ni de prêtre pour les offrir. Plus d'une fois Abraham recevra l'ordre de gravir la montagne pour aller y consommer une oblation douloureuse.
LES ÉPREUVES DE LA FAxMILLE. 3
Cet Abraham, c'est le père de famille, véritable prêtre du sanctuaire intérieur et sur qui reposent les charges de ce redoutable sacerdoce. Toutes les lois que le ciel exigera un holocauste, c'est lui qui en ressentira le premier la souffrance, c'est sur lui que retombera le fardeau le plus lourd.
Ainsi l'exige la loi de sa paternité. Si elle lui apporte des joies, elle ne peut manquer de lui fournir aussi l'occasion de nombreuses angoisses.
Les joies, Messieurs, nous en parlerons plus tard. Pour le moment, ce qui semble plus pressé, c'est d'apprendre à porter dignement les peines que la Providence nous ménage.
Sans entrer encore dans le détail, je voudrais les envisager aujourd'hui avec vous dans leur caractère général, Quelles que puissent être celles auxquelles nous sommes destinés, nous avons nos mesures à prendre et nos dispositions à régler d'avance. Disons donc tout d'abord qu'il nous faut attendre les épreuves; disons que, non contents de les at-
tendre, il faut nous préparer à les recevoir. Ces préliminaires bien compris nous aideront à déterminer le rôle spécial du père de famille, dans ces difficiles circonstances de sa vie.
Pourquoi la famille doit -elle s'attendre à être éprouvée? Je puis bien répondre, Messieurs, que c'est la loi de toute existence ici-bas
La vie de l'homme, dit l'Écriture, est une lutte : militia est vita hominis super terram* ; lutte multiple, parce que, les attaques se présentant de toute part, il faut souvent faire face de tous les côtés à la fois ; lutte incessante, parce que quand vous aurez fini avec une sorte d'adversaires, il en viendra d'autres, qui ouvriront le combat sur un terrain différent ; lutte périlleuse et pleine d'al-