‹ La paternité chrétienneChapitre 6 sur 57 · Factus in agonia prolixius orabat. (L\\r.,r.xu · texte numérisé non relu

Factus in agonia prolixius orabat. (L\\r.,r.xu

il a besoin. Qui ne sait que, dans ces heures décisives, tout repose souvent sur sa présence d'esprit et sur son intrépidité en face du péril? Vous aussi, Messieurs, vous dirigez, à travers mille écueils, une embarcation assaillie sans cesse par les vagues et par les vents mpétueux. Quand vous la voyez secouée plus fortement, peut-être menacée de périr, ce n'est pas l'heure des plaintes inutiles ou des stériles défaillances. Saisissez ce timon d'une main vigoureuse, commandez une manœuvre énergique, et ne permettez à personne de quitter son poste. Ce n'est pas trop de toutes les forces réunies pour tenir tête à l'adversité. Que les courages se redressent; qu'ils forment entre eux un faisceau, unique et serré, que rien n'entamera. Le chef de famille en occupera le centre, et autour de lui se grouperont tous ceux qu'il aura affermis par sa mâle contenance.

^'est-ce pas l'exemple que nous donne ce père admirable de nos Écritures, que Dieu a voulu montrer à tous les autres pour leur apprendre à souffrir. Après l'immense désas-

tre qui est venu fondre sur sa maison, Job a gardé son attitude invincible, et sa virilité ne s'est point démentie. Mais il n'en est pas de même de son épouse plus faible et moins solide dans sa foi ; elle se scandalise de cette patience, qu'elle appelle un excès de simplicité ; et il ne tient pas à elle que le patriarche si rudement frappé ne s'emporte jusqu'au blasphème. Alors il la rappelé à la résignation et à la vérité par cette sublime parole : Si nous avons reçu avec reconnaissance, de la main de Dieu, les bienfaits dont il nous a comblés, pourquoi ne recevrions-nous pas de même les épreuves qu'il nous envoie' ?

Gomme s'il lui disait : De la part d'un père, tout doit être accepté avec la même gratitude; s'il caresse ses enfants, c'est un effet de sa tendresse; s'il les corrige, c'est une preuve de son amour.

Ne nous arrêtons donc point aux faits extérieurs; remontons jusqu'à leur prin-

1. Si bona suscepimus ds manu Dei, mala quars non suscipiamus. (Job., n, 10.)

cipe et comprenons que tout découle d'une source unique. Et cette source est la charité immense, infinie de Celui qui souhaite notre bonheur mille lois plus ardemment que nous ne le pouvons désirer nous-mêmes.

Ce ne sera pas assez. Messieurs, de maintenir l'équilibre dans les âmes; il faut que vous arriviez à les faire profiter avec vous de cette grande leçon du malheur. Tel est, en effet, le dessein de Dieu : Faciet... cum tentatione proventum* ; s'il veut la tentation, c'est en vue du progrès qu'elle donne occasion de faire et du bien qu'elle doit produire. Un fruit précieux est, pour ainsi dire, cache dans le sein de l'épreuve. Il existe déjà, mais seulement en germe. A vous de le découvrir, d'en procurer le développement, de l'amener peu à peu jusqu'à complète maturité.

Voici un jeune homme qui.au début de sa carrière, n'éprouve que des échecs et ne rencontre que des contradictions. Quelle circonstance favorable pour affermir de bonne heure

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