‹ La paternité chrétienneChapitre 9 sur 57 · Deus lentavit eos et invenit cos dignos se. (Sap. ni · texte numérisé non relu

Deus lentavit eos et invenit cos dignos se. (Sap. ni

cause que ce soit, est toujours une nécessité pénible à la nature ; mais combien cette peine s'adoucit, quand on reçoit la croix cm venant de Dieu, et quand on la porte pour lui avec amour! Il y a, dans la douleur acceptée, une saveur amère, qui n'est pas sans charmes. Celui qui a goûté à ce calice, ne regrette pas qu'une main amie le lui ait préparé. Loin de s'irriter contre la Providence qui le lui offre, il finira peut-être par la bénir de lui avoir ménagé un remède si efficace.

Gomment se plaindre d'acheter, au prix de quelques tristesses passagères, les biens immenses que l'épreuve propose et promet?

C'est elle qui détache, elle qui purifie, elle qui expie les fautes du passé, elle qui renferme les bénédictions de l'avenir. Persuadés de ces vérités, les vrais serviteurs d'un Dieu qui est mort lui-même sur la croix, ne se déconcertent point, lorsqu'ils sont obligés de faire quelques pas dans la voie douloureuse.

Et la consolation qu'ils savent puiser jusque dans leurs angoisses, a son écho et sonrejaillis- &ement autour d'eux. Aucune exhortation ne

\aut, pour la famille entière, l'exemple de celui que la bonté de Dieu a mis à sa tête. L'épouse se laissera-t-elle défaillir, lorsque son soutien naturel demeure si ferme? Les enfants n'auront-ils point honte de s'abandonner euxmêmes, quand celui qui souffre pour eux et plus qu'eux, leur fournit, en sa personne, le modèle d'une admirable constance?

Ce n'estpas seulement pour l'heure présente que ce spectacle de force chrétienne leur sera utile; plus tard, dans le reste de la vie, ce souvenir garde sa fécondité. Ils l'évoqueront avec profit dans ces moments difficiles, auxquels il estbienrarequ'une existence échappe. Si jamais l'un d'entre eux est visité, à son tour, par quelque chagrin cruel, il se dira à luimême : Mon père, lui aussi, a été rudement éprouvé, et c'est alors qu'il s'est montré ànous dans toute son énergie. Aux jours de sa prospérité, il n'avait point manqué de grandeur; quand les revers sont venus, il s'est révélé avec une supériorité admirable.

Gloire, Messieurs, à celui d'entre vous qui laissera aux siens une semblable impression!

Cette tradition de courage vaudra mieux pour eux que la richesse matérielle. Car celle-ci s'épuise, quelque abondante qu'on la suppose, tandis que les ressources morales dont je parle, peuvent faire face à toutes les calamités. L'homme opulent n'est pas certain de se suffire toujours. Celui qui attend l'adversité de pied ferme, pourra traverser les phases les plus diverses, sans être jamais au-dessous d'elles ou de lui-même.

Nous ne craindrons donc point de répéter avec le Roi-prophète: Oui, Seigneur, z7 m'estbon que vous m'ayez humilié1 .Cela m'est bon, parce que c'est ainsi que vous affermissez ma vertu, et que vous me fournissez l'occasion de déployer un peu de force; cela m'est bon encore, parce que j'y trouve un moyen de mépriser ce monde où je vis, et de reporter plus haut mes espérances et mes désirs. Aussi ajouterai-je, en empruntant de nouveau les paroles du Psalmiste : Que la verge qui m'a frappé était douce, que le bâton qui me corrigeait appor-

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