TscniscH. Wiestnik Psychiatrii, iS8o, sec. vol., m
2. Marie Walitzky. Contribution à l'étude des mensurations psycliométriques chez les aliénés. Revue philosophique. Dec. 1SS9. XIV année, n» 12.
TscHiscH ne fit porter ses mensurations que sur des sujets malades; le point de comparaison manquait donc et, si l'on en désirait un, il fallait le chercher parmi les chiffres d'autres expérimentateurs.
Il y a — nous venons de le voir — entre les résultats obtenus parles premiers expérimentateurs des différences très appréciables. Walitzky a donc eslimé qu'il fallait faire soi-même et simultanément des expériences sur des sujets anormaux et sur des normaux, cela d'autant plus qu'une importante cause de différentiation entre les chiffres des divers expérimentateurs, se trouve dans les particularités inhérentes aux observations elles-mêmes. Dans ses expériences personnelles, se plaçant dans des conditions aussi semblables que possib-e, Wa- LiTZKY obtient des chiffres comparables entre eux. Elle ne ee sert pour ces mesures que du chronoscope de Hipp, qui avait été aussi, nous l'avons vu, l'appareil adapté par Tschisgh.
Les expériences furent faites sar des paralytiques généraux, tous de la classa instruite, ce qui semblait, bien à tord, indispensable à l'auteur : trois médecins, un caissier, deux capitaines, Lin négociant. Ces malades s'intéressaient fortement aux expériences. Quant aux
personnes normales qui s'offrirent comme sujets, « elles étaient de véritables collaborateurs. » Peut-être y a-t-il dans cet intérêt que les sujets prennent aux expériences, non, comme le pense Walitzky, un grand avantage, mais un inconvénient. « Je dois cependant faire remarquer, ajoute Fauteur, que journellement je devais éliminer les premières expériences qui me donnaient djs chiffres trop élevés relativement à ceux que j'obtenais ensuite ».
Remarquons à ce propos — et pour n'y plus revenir — que cette élimination classique des premiers temps de réactions obtenus sur un sujet ne nous semble pas le moins du monde justifiée en psycliologie pathologique. Si sur des sujets normaux elle doit être faite dans là majorité des cas, sur tous les sujets anormaux il convient de tenir compte de tous les temps de réaction depuis le premier jusqu'au dernier. On pourra ainsi trouver dans le plus ou moins de difficulté à l'adaptation de l'attention à un travail donné de précieuses indications dont les auteurs semblent s'être privés à plaisir. Il serait au contraire à souhaiter que l'étude de ces premiers temps de réaction, marquant l'effort d'adaptation du sujet, eussent fait l'objet de monographies psycho- pathologiques.
TscHiscH faisait sur chaque malade des séries de dix expériences et annulait toute série incomplète. Walitzky n'observe pas ce principe. Elle fait sur tel malade jusqu'à quinze expériences, sur tel autre, quelques-unes seulement, selon la plus ou moins grande facilité.
TsGHiscH, pour le temps de choix, faisait enregistrer les sons forts par la main droite, les sons faibles par la main gauche. Walitzky, estimant que l'intensité du son n'entre pas seule en jeu, ne fait enregistrer que les sons forts et ceci pouvait présenter un assez grand intérêt.
Elle introduit en outre au nombre des expériences, la mensuration du temps d'addition des nombres d'un seul chiffre comme réprésentant le plus simple cas d'association» Elle divise les expériences sur l'association en trois groupes :
1^ Associations externes, par consonance. Ex. : larme — alarme.
2° Associations internes, réponses sensées et raisonnées. Ex. : la table — est ronde.
3^ Associations par habitude. Ex. : Léon — Tolstoï.
Ce dernier groupe des associations par habitude a été imaginé par Walitzky. Elle y trouvera les associations les plus rapides et cons-
taiera, ce qu'on eût pu prévoir a priori, que plus le sujet est instruit, plus il a d'associations par habitude à sa disposition. Chaque spécialiste, chaque groupe social ou ethnographique a des associations qui lui sont propres.
Les associations externes peuvent, en grande partie, rentrer sous ce titre. Ces dernières expériences purement automatiques corroborent Phypothèse de Tschisch d'après laquelle la réduction de la durée des associations pendant la première période de la paralysie générale s'explique par l'affaiblissement de l'activité de l'aperception.
De ces diverses expériences, Marie Walitzky tire quatorze conclusions qui lui permettent d'établir ics propositions suivantes que nous devons citer in-extenso.
« a. Si l'on admet que la réduction du temps d'association dépend de la faculté de reproduire inconsciemment les associations des mots jadis apprises ou fixées dans la mémoire, on peut en conclure qu'au début de l'aff'a blissement intellectuel dans la paralysie générale, la fonction automatique des facultés intellectuelles est accrue.
(( b. Parallèlement à cet accroissement de la fonction automatique des facultés intellectuelles, diminue l'activité de la volonté.
« c. A mesure que les facultés intellectuelles s'éteignent; la fonction automatique diminue aussi et enfin la perception môme des impressions simples se ralentit.
(( cl. L'activité intellectuelle ne se rétablit pas parfaitement môme dans la période de rémission presque complète.
« e. Lorsque le processus pathologique s'accentue, la fonction automatique s'accélère de nouveau avec la diminution correspondante de l'activilé de la volonté ».
On le voit les premières recherches des travailleurs de laboratoire sont loin d'être infructueuses. Elles conduisent à des conclusions qui sont à retenir. Méthode du calcul mental, rnélhode psycho-pathologique, méthode psycliométrique sont déjà appliquées à la clinique mentale pour l'étude de la pathologie de l'attention; déjà elles différentient les aspects du problème que préciseront les recherches ultérieures.