CHAPITRE III
Les données psychométriques de Rémond
(de Nancy)
La tlièse du D"" Antolxe Rémond ^, soutenu à Nancy en 1888, sur la vitesse des courants nerveux à l'état normal et à l'état pathologique fournit à l'étude de la pathologie de l'attention des documents nombreux et qui sont de première importance, grâce à la conscience expérimentale de l'auteur. Bien qu'ancien, c'est à notre sens un des meilleurs travaux et peutêtre le meilleur travail français, paru sur la question des temps de réaction. Remarquons
1. Antoine Rémond. Contribution à l'étude de la vitesse des courants nerveux et de la durée des actes psychiques les plus simples à l'état normal et à Tétat patliologique. Nancy, 1888. Imprimerie Paul Sordoillet. 1 vol. 134 p. avec fig. et tableaux.
LES DONNÉES PSYCHOMÉTRIQUES DE RÉxMOND 31
d'ailleurs que les travaux de l'école de Nancy apportent à la psychologie de l'attention une importante contribution.
Le dispositif expérimental de A. Rémond, lui étant assez personnel, nous devons en dire un mot, après quoi nous donnerons ceux de ses résultats qui intéressent le plus la question qui nous occupe. Les temps de réaction pris i^oit sur des normaux adultes, soit sur des vieillards, soit sur des aliénés de l'asile de Maréville, ont été obtenus à l'aide du chronomètre de d'AnsoNVAL. Ces réactions sont des réactions tactiles simples ou de choix. L'excitation est fournie soit par la boule ordinaire du marteau de d'AR- SONVAL, soit par une pointe conique, remplaçant celle boule, soit par une pointe aiguë. Rémond estime être arrivé après un certain nombre d'essai a une régularité très suffisante dans l'intensité de l'excitatton qu'il fournissait au moyen de ce marteau.
L'expérimentateur frappe sur la partie de la peau qui recouvre la face dorsale du premier métacarpien (désignée sous le nom d'Em. Thén. dans le travail de Rémond) ; les premiers temps de réaction obtenus sont toujours négligés pour laisser au sujet le temps de s^iccoutumer à l'appareil. Après 30 ou 40 réactions ainsi ob-
32 LA PATHOLOGIE DE L'aïTENTION
tenues el ayante peu près môme valeur, l'excitation est donnée successivement au sommet dePacromion, à la pointe de la malléole externe et au sommet du grand trochanter. Puis la boule du marteau de d'AnsoNVAL est remplacée par la pointe conique et Rémond prend deux nouvelles séries de chiffres au premier métacarpien et au sommet de l'acromioa. Ensuite le sujet est averti qu'il va sentir alternativement la pointe et la boule da marteau, mais qu'il ne devra réagir qu'à l'une des deux excitations, celle de la pointe par exemple. c( Nous louchons alors irrégalièremenl, dit Rémoxd, et en cherchant à surprendre l'individu examiné, l'éminence thénar tantôt avec la boule, tantôt avec la pointe, en ayant soin de ne faire passer le courant qu'à travers celui des deux instruments auquel il doit réagir, si bien que l'aiguille ne se mot en mouvament que pour être arrêtée ». (p. 13-17). La presselie de l'appareil est ensuite placée au pied du sujet, la vis de contact près du gros orteil probablement; et deux séries de chiffres sont ain^i obtenues, l'une fournissant les temps de réaction aux excitations du premier métacarpien, l'autre ceux répondant aux excitations de la malléole externe. Enfin les expériences sont terminés par l'examen, à l'aide
du compas de Weber, de la sensibilité des points excités.
Chaque sujet fournissait donc neuf séries de chiffres. La moyenne était obtenue comme suit. Nous reproduirons le texte môme de Fauteur, ces questions de technique et de méthode étant, à notre avis, de première importance.
c( Prenons, dit Rémond, un exemple pour rendre l'explication plus facile. — Soit obtenue par excitation de l'Em. ïhén., et réaction à la main la série suivante :
lo — 13 — 15 — 16 — 13 — 14
« Soit 54 chiffres inscrits, les premiers ayant été laissés de côté. Nous trouvons le chiffre : 15 répété 22 fois.
15 répété 22 fois 14 — 6 —
16 répété 11 fois 13 — 8 —
19 ) chacun 1 ou 2 fois.
« Nous laissons de cùlé le chiffre 9 pour lequel une erreur d'expérience est toujours possible; nous ne considérons pas non plus les chiffres 17, 18, 19, 21, 27, 31, qui, répétés isolément chacun 1 fois, ne sont que l'expression des moments d'inattention du sujet.
« Restent donc : 22 X IS == 330
Soit : 668
« à diviser par 22 -f- 6 + 11 + 6 = 45 ce qui donne :
« Si maintenant l'aiguille fait le tour du cadran en l'I par exemple, chaque division vaudra 1"1/100 ; pour avoir le temps auquel équivaut ce chiffre de 14, 73, nous le multiplierons par 1",1. Soient 16,320 centièmes de seconde ou 0"1632.
« Multiplions par 1, 1 le plus faihle et le plus élevé des chiffres obtenus, ce qui donne 9, 9 et 34, 1 et nous aurons ainsi une ligne de nos tableaux constitués.
T. minimum T. maximum T. moyen
(p. 17 et 18). »
Le dispositif expérimental du D*" Rémond et sa technique de numération étant connus, examinons les principaux résultats de ces expériences. Les premières observations, devant servir de critérium, portent sur des sujets sains, étudiants ou soldats. Les temps de réaction varient entre 0"!! et 0"21 pour les réactions tactiles simples répondant à l'excitation donnée par la boule du marteau, et entre 0''07 et 0"lo lorsque l'excitation est fournie par une pointe.
Les temps de choix oscillent entre 0"16 et 0"25, les différences entre le temps de réaction
simple et le temps total de discernement étant comprise entre 0"043l et0"90opour les soldats et entre 0"05 et 0"925 pour les étudiants.
Deux séries de chiffres sont prises par un temps d'orage et quatre séries après cet orage. Les chiffres, surtout ceux de réactions simples sont plus élevés pendant l'élévation de la température atmosphérique précédant l'orage qu'après. On sait que Dietl et Vintschgau avaient du reste déjà noté cet accroissement sous Finfïuence de la chaleur.
De même l'influence de la distraction, signalée aussi par Wundt et Charpentier, est constatée par Rémond. Les temps de réaction de deux étudiants sur lesquels il expérimente augmentent lorsqu'un métronome bat la mesure à côté du sujet.
Rémond expérimenta ensuite sur 13 vieillards d'hôpital, oscillant entre Q2 et 80 ans, plus deux séniles précoces de 52 et o7 ans. Les résultats obtenus sur ces lo vieillards peuvent se répartir en trois groupes.
Dans un premier groupe les temps de réactions sont sensiblement alongés. Les 6 sujets ont de 65 à 80 ans. Le seul caractère pathologique qui leur soit commun e-t Pathérome artériel très prononcé.
Dans le second groupe, l'influence de la vieillesse ne semble pas se faire sentir. Il est cependant à remarquer que l'excitation plus vive fournie par un instrument piquant raccourcit moins le temps de réaction que chez les normaux. Les quatre vieillards ayant fourni ces résultats ne présentent qu'un athérome très léger des artères. Leur âge oscille entre 62 et 80 ans.
Le dernier groupe comprend les résultats fournit par les vieillards présentant à un degré très avancé les tares de la vieillesse : obnubilation intellectuelle, artério-sélérose généralisée, augmentation considérable des réflexes, tremblements, etc. Ils sont âgés de 52, 57, 68, 69, 78 ans. Les chiffres sont ici très élevés, les moj^ennes oscillant par ex. de 0"19, à 0"34.
Les hémiplégiques ensuite examinés par Rémond sont au nombre de : 6 cas d'hémiplégie gauche, 3 d'hémiplégie droite, 1 d'hémiplégie double.
Quatre des sujets présentaient de la sclérose descendante consécutive à la lésion cérébrale : leurs temps de réaction simple est nettement plus court du côté malade que du côté sain.
Dans les six autres cas au contraire (hémiplégie flasque) le temps de réaction simple est plus long du côté malade que du côté sain.
Le temps de choix est par contre toujours plus long du côté malade que du côté sain.
Dans sept cas de myélites, Rémond a trouvé ce résultat constant : que le temps de réaction est toujours plus long du côté de la lésion médullaire que du côté sain.
L'excitabilité et la conductibilité d'un appareil nerveux semblent donc deux fonctions solitaires, comme l'avaient soutenu, remarque Rémond, LuGHSiNGER et SzpiLMANN coutre Grïjnhagen
et RiCHET K
Les temps de réaction chez les paralytiques généraux sont d'un intérêt tout particulier. Non seulement nous avons ici la lésion anatomique, la meningo-encéphalite, mais nous avon s encore un élément purement ps3''chologique dont l'influence va entrer pour une large part dans l'allongement du temps de réaction. Cet allongement est très net et très variable selon les malades. C'est qu'en effet dans cette affection si complexe, dans laquelle tant de facteurs entrent en jeu, les causes de retard à la réaction sont multiples : se sera parfois le tremblement, parfois l'hésitation du sujet, parfois son délire, parfois l'état trop avancé de sa démence
1. Grunhagen et RicHET. Physiologie des muscles et des nerfs, — Paris, 1881.
qui rempêcheront soit de fixer son attention sur l'excitation, soit d'y réagir. L'attention, chez les paralytiques généraux semble en général être plutôt sensorielle que motrice.
Les épileptiques forment d'après Rémond un type de malades à lésions inconstantes et mal définies permettant de passer des malades à lésions déterminées que nous avons examinés jusqu'ici aux malades à psychoses dites sine materia. Le résultat fournit par ces malades est que la longueur du temps de réaction est en rapport avec la fréquence des attaques. Le traitement bromure diminue donc le temps de réaction. A l'inverse des paralytiques généraux, c'est la réaction motrice qui semble facile aux épileptiques.
Chez les persécutés et chez les hallucinés le temps de réaction subit un allongement constant comme l'avaient du reste déjà observé ViNSTCHGAU, Obersteiner et BuGCOLA. Cet allongement est du selon Redmond, uniquement à la distraction causée par le délire.
Les déments forment la dernière catégorie de malade sur lesquels Rémond ait expérimenté. Il semble d'ailleurs que l'état démentiel de ses sujets ait été assez avancé. Ses résultats concordent avec ceux de Buccola. Dans tous les cas
l'allongement du temps de réaction est constant et l'ensemble des tares anatomiques de la démence suffit largement, semble-t-il, à l'auteur à expliquer la tare psycho-pliysiologique.
En dehors de ces séries expérimentales, Ré- MOND a fait quelques observations de cas isolés. Nous retiendrons celles qui se rattachent plus particulièrement à la pathologie de la question.
Chez une hystérique présentant l'hémianesthésie du côté droit, la vitesse de réaction du côté hémianesthésique est accélérée de 0"1221 (excitation au premier métacarpien).
Une autre hystérique, présentant une athétose très prononcée du côté droit, fournit, du côté athétosique, des temps de réaction simple plus court de 0"0370.
Ce raccourcissement du temps de réaction est dû selon l'auteur à une irritation fonctionnelle de la conduction motrice et sensitive de la moelle.
Rémond a voulu préciser l'influence de la compression d'un nerf sur sa conductibilité. Mal-. heureusement ses expériences n'ont porté que sur un seul sujet. Ayant comprimé au coude le cubital d'un sujet sain, il a obtenu les chiffres suivants.
Avaat la compression :
T. min. T. maxim. T. moy.
Excitation de la peau j
du bord cubital de la ( 0"11 0"19 0"1606
main droite. ]
(40 excitations).
Pendant une compression durant cinq minutes.
T. min. T. maxim. T. moy.
Excitation de la peau )
du bord cubital de la 0"09 0"21 0"1727
main droite. )
(35 excitations).
Après un repos et une nouvelle compression de même durée.
T. min. T. maxim. T. moy.
Excitation de la peau )
du bord cubital de la 0"12 0"2i 0"1882
main droite. )
(33 excitations).
Il semble donc qu'il y ait une augmentation très nette du temps de réaction sous l'influence
de la compression. Cependant Rémond se demande avec juste raisons! la sensation de fourmillement éprouvé parle sujet n'est pas la vraie cause de cette augmentation. La fatigue avec laquelle Rémond ne compte pas assez dans toutes ses séries expérimentales n'entre-t-elle pas aussi en jeu? Les chiffres, l'augmentation surtout des variations semblent assez l'indiquer.
Groupant ces résultats non plus au point de vue des classifications cliniques, mais à un point de vue physiologique et psycho-physiologique, Rémond examine les points suivants :
1^ Le temps de réaction tactile simple.
2^ Vitesse de transmission nerveuse sensitive.
3^ Vitesse de transmission nerveuse motrice.
4^ Rapport entre la vitesse de transmission nerveuse centripète et vitesse de transmission centrifuge.
5° Influence de l'intensité de l'excitation sur la valeur du temps de réaction.
G^ Durée d'une opération psychique la plus simple possible.
Nous ne voulons entrer dans la discussion, trop purement physiologique, de certains détails. Ce qu'il importe aux psychologues de connaître, ce sont les chiffres. Les chiffres ayant une valeur sont plus rares qu'on ne croit
en psychologie et ceux de Rémond, pris dans un but immédiatement physiologique sont cependant de première importance dans la psychologie pathologique de Pattention.
Les moyennes obtenues, Pexcitation ttant donnée à la face dorsale du premier métacarpien et la réaction se fai?ant à la main, sont :
Etudiants: 0"1540 0"1490 0"1539 0"1782 Moyenne : 0"1587
Soldats : 0"1470 0"lo90 0"1510 0"1610 Moyenne : 0"1545
La moyenne légèrement plus faible est donc obtenue par les sujets qui par profession (soldats) sont accoutumés aux actes automatiques.
Sous l'influence de la chaleur cette moyenne s'élève à 0"20oo.
Sous l'influence d'une cause distrayante à 0"2042.
Les vieillards, nous Pavons vus, ont été réparti en trois groupes.
1^ Sujets atteints d'athérome :
Donc une moyenne de 0"0980 présentant une diminution de 0"0o87 sur la moyenne normale.
2° Vieillards sans lésions ni athérome :
Moyenne : 0"1893, ce qui indique une augmentation de 0"0327 sur la normale.
3° Vieillards avec lésions de la moelle.
Moyenne : O''278o, augmentation de 0''1219 sur la normale.
Les hémiplégiques fournissent les chiffres suivants :
Côté sain :
0^1484 0"1076 0-1788 0"i236 0"0630 0"468 0"0616 0"lo60 0"1930 0"13o5
La moyenne : 0"1074 présente donc une diminution de 0"0i92 sur la normale.
Dans les cas d'hémiplégie avec sclérose descendante le côté malade donne :
0"Moi 0'0621 0"0750 0^0393 Moyenne de : 0"0979 < moj^enne du côté sain.
Au contraire dans l'hémiplégie flasque le côté malade donne :
0"4567 0"066 0"0726 0"2457 0"1800 0"1830 Moyenne : 0"200o > la normale.
Dans les myélites^ les chiffres sont :
La moyenne : 0"219o est donc de 0"0629 plus élevée que la normale.
Sur les 10 paralytiques généraux Qxsun'inés^ 3 seulement ont pu donné des résultats. Leurs chiffres sont :
0"2o30 0"8ilD 0"7080
ce qui donne la moyenne très élevée de 0"601o.
c( Il ne faut pas oublier, ajoute l'auteur, que ce chiffre n'est fourni que par un tiers des malades, les autres étant absolument incapables de donner un temps de réaction avec une impression aussi simple que celle que fournit l'excitateur à boule. » (p. 89).
Les chiffres fournis par les épileptiques se
trouvant réellement sous Finfluence de la névrose sont :
En moyenne : 0''4140; donc une augmentation de 0'2o74 sur la normale.
Les halluciîiés oui fourni les chiffres suivants :
En moyenne : 0"o467, 0"3901 de plus que la normale.
Les persécutés :
Soit en moyenne : 0"6874, 0"5308 de plus que la normale.
Nous faisons du reste toutes les réserves possibles sur les moyennes fournies par ces deux catégories de malades. Les délires sont ici trop divers et les diagnostics sont souvent si erronés que l'étude seule des cas individuels peut renseigner le psychologue.
Les déments n'ont pu fournir, avec l'excitateur mousse, aucun résultat : « C'est d'ailleurs
là. remarque très heureusement l'auteur, un résultat qui confirme pour sa part l'idée qui nous a toujours guidée, à savoir l'importance de Fétat psychique du sujet comme facteur de la valeur du temps de réaction simple ; ce temps devient indéfiniment grand, et cesse d'être appréciable quand l'intelligence du sujet a complètement sombré. » (p. 90).
Nous n'examinerons pas les données apportées par RÉxMOnd sur les questions de vitesse de transmission motrice ou sensitive. C'est là une question de physiologie qui nous entraînerait loin sans apporter des faits intéressants d'une façon assez directe nos recherches psychologiques. Bien que la physiologie nerveuse ait fait d'importants progrès depuis 1882, la question est toujours à l'ordre du jour et mériterait d'être traitée avec tous les développements qu'elle comporte. Du reste les conclusions de Rëmond sur ce point reviennnent à ceci : que le temps de transmission nerveuse est très minime en comparaison du temps total de réaction simple. « L'élément dominant, dit-il, est bien plutôt ce facteur polymorphe que nous avons désigné sous le nom général de processus psychique » (p. 119).
Cet élément dominant, RÉMONDa essayé de l'évaluer, nous l'avons vu en décrivant son dis-
positif expérimental, par l'étude du temps de choix.
Le sujet ayant subi l'excitation du marteau à boule et l'excitation de l'aiguille — et le temps de ses réactions à ces deux excitations ayant été noté — lorqu'on lui commande de ne plus réagir qu'à l'une des deux excitations on obtient comme on sait les temps de choix. Rémond fait alors la différence entre le temps de réaction simple et ce temps de discernement et il nomme ceUe différence : Temps D.
Voici le tableau des moyennes des temps de réaction simple et des temps D, chez les différents sujets examinés.
Temps de R. Temps D.
Soldats 0"lo4o 0"0707
Etudiants 0"lo87 0"0633
Etudiants (bruit) .... 0"2042 0"064o
Vieillards (r« série). . . 0"0980 0"0986
— (2« série). . . . 0"1893 0"0622
— (3« série) . . . 0"278o 0"lo91 Hémiplégie avec sclérose,
côté sain 0"0979 0"1248
Côté malade 0"1074 0"0612
Hémiplégie flasque, côté
sain 0"1074 0"1378
Temps de R. Temps D.
Côté malade 0"2005 0"10o8
Myélites ........ 0"2l9o 0"166o
Paralysie générale .... 0"6013 0"2078
Epileptiques 0"4140 0"0399
Hallucinés 0"o467 O'^20ol
Persécutés 0"6874 0"1644
Nous citerons textuellement les conclusions que le D^ Rémond tire de ces observations et de ces chiffres. Elles nous fournissent des données qui doivent avoir une valeur classique dans la psychologie expérimentale de l'attention.
« i° Il est impossible, par la méthode dite « Méthode de Schelske » d'arriver à déterminer la valeur absolue de îa vitesse de transmission nerveuse centripète, mais on obtient une valeur approchée de cette vitesse qui oscille chez les individus sains entre 34"^72 par seconde dans les nerfs de la jambe et 27°'02 dans les nerfs du bras.
« Cette vitesse est diminuée par :
a) l'âge seul;
b) l'âge, chez les sujets atteints de moelle fénile;
c) l'hémiplégie du côté sain;
cl) riiémiplégie du coté malade en cas d'hémiplégie flasque ;
é) la paralysie générale ;
/) Tépilepsie ;
g) les hallucinations.
a Elle est accélérée sous l'influence de :
a') l'âge avec athérome généralisé; b') l'hémiplégie du côté malade en cas de contracture secondaire ;
c') le délire des persécutions.
(( 2^ La vitesse de transmission nerveuse centrifuge à travers la moelle et les cordons nerveux est diminuée :
a) chez les vieillards ;
b) chez les vieillards atteints d'athérome ;
c) chez les hémiplégiques atteints de sclérose descendante ;
d) chez les malades atteints de myélite ;
e) chez les paralytiques généraux ;
/) chez les persécutés et les hallucinés.
(( Elle est accélérée :
a') dans les cas d'hémiplégie flasque ; b') sous l'influence d'une perturbation mécanique (bruit).
« Elle se rapproche de la nom taie :
a") chez les épileptiques.
c( 3^ Le temps nécessaire à racconiplissement d'un acte psychique minimum oscille normalement entre 0"0707 et 0'0633.
c( Ce temps devient plus long sous V influence d'un bruit voisin au sujet en expérience :
a) de l'âge accompagnée d'athérome généralisé;
h) de l'cige accompagné de moelle sénile;
c) de Fhémiplégie du côté sain en cas d'hémiplégie flasque;
d) de l'hémiplégie du côté malade ;
e) des myélites;
/) de la paralysie générale ; g) du délire des persécutions; h) des hallucinations;
« Il diminue :
a') chez les épileptiques.
(( Il reste sensiblement normal :
a") chez les vieillards sains ; 6") dans l'hémiplégie avec contracture du côté sain;
« 4P Le temps de réaction simple oscille à l'état normal entre 0"154o et 0H587.
« // s'allonge sous IHrifluence de :
a) la chaleur ; h) le bruit; c) la vieillesse;
cl) la vieillesse accompagnée d'un état sénile de la moelle;
e) de riiémiplégie flasque du côté malade ;
/) des myélites ;
g) de la paralysie générale;
h) de l'épi:epsie ;
i) des hallucinations ;
j) du délire des persécutions ;
k) de la démence ;
/) de l'h3\stérie accompagnée d'accidents ;
m) de Tatrophie musculaire progressive;
11) de la compression du nerf.
« Il diminue avec :
a') l'absorption de la phénacétine :
h') l'absorption de Tantipyrine; c') la vieillesse avec athérome généralisé; d') l'hémiplégie du côté sain ; e') l'hémiplégie du côté malade quand il y a sclérose descendante;
LES DONNÉES PSYCHOxMÉTRIQUES DE RÉMOND 53
/') l'hystérie, quand il n'y a pas de lésions, mais simple irritation générale.
5° « Le temps de réaction devient constamment plus court quand l'intensité de l'excitation augmente.
« Cette loi, énoncée pai^Wv^Bi et Bucgola, ne se vérifie pas régulièrement clans les cas suivants :
a) vieillards;
b) vieillards avec athérome :
c) hémiplégiques; cl) myélites ;
e) épileptiques.
Mais plus on se rapproche de la racine du membre plus elle tend à devenir générale
« 6^ L'élément psychique est le facteur dont la durée est la plus considérable, parmi ceux qui entrent dans la composition du temps de réaction simp'e, sauf chez les épileptiques où la prédominance appartient au temps employé par la conduction centripète ».