Jounia/ v/ mental <soieme
sur les rapports qui existent entre Féléraent nerveux et la circulation, il est aisé de comprendre comment cela peut se faire, et aussi comment Thyperhémie, lorsqu'elle existe, doit être regardée non comme la cause directe des troubles mentaux, mais comme l'effet concomitant d'une cause commune. A ce point de vue, en peut dire que les lésions visibles de la folie aiguë sont celles de l'hyperhémie aiguë du cerveau. Il n'y a pas de différences appréciables entre les altérations de la manie aiguë et celles de la mélancolie aiguë; dans la mélancolie, il y a le plus souvent absence de lésions, et, lorsque celles-ci existent, elles sont moins profondes que celles de la manie aiguë, et on observe un exsudât séreux plus ou moins abondant.
Les cas de folie chronique où il y a absence de toute lésion anatomique sont rares, bien qu'on en ait observé; plus la maladie a duré longtemps, plus les lésions sont nettes. Le plus souvent, il y a un épaississement et une opacité laiteuse de l'araelinoïde, et dans quelques cas avancés on voit un certain degré d'atrophie du cerveau, surtout des circonvolutions, accompagnée d'un épanchement séreux dans l'espace sous-arachnoïdien, épanchement destiné à remplir le vide laissé par le cerveau. En outre, il y a des changements de couleur du cerveau, et la substance blanche est plus dure qu'à l'état normal. Souvent, la piemère adhère d'une manière plus ou moins intime et générale à la surface du cerveau et ne peut être enlevée sans entraîner avec elle des fragments de substance cérébrale. Une apparence finement granuleuse de l'épendymedes ventricules, son adhérence aux parties sous-jacentes semblent témoigner d'un état inflammatoire antérieur. Les granulations de l'arachnoïde, soigneusement décrites par Meyer, peuvent probablement recevœr la même interprétation. A propos des granulations de l'épendyme des ventricules, que Bayle avait remarquées dans la paralysie générale, mais qui ne lui sont certainement pas spéciales, comme on l'avait affirmé, Lockhart-Clarke dit qu'elles sont formées par la conglomération des cellules épilhéliales ordinau'es, qui a l'état normal sont disposées les unes à côté des autres et forment une surface lisse et unie au plancher des ventricules. Le lissu immédiatement sous-jacent, qui est formé de fibres exlre-
l'anâtomie pathologique de la folie 837
mement fines venant des extrémités effilées des cellules épithéliales et se répandant dans différentes directions, est plus abondant qu'à l'état normal, et — comme on pouvait s'y attendre d'après les rapports qui existent entre cette membrane et celle qui environne le canal central de la maille — il est mélangé de corps amylacés^ mais non dans la même proportion K Bien que l'adhérence de. la pie-mère à la surface du cerveau soit surtout fréquente dans la paralysie générale^ elle se rencontre également dans d'autres formes de folie chronique, particulièrement dans la démence consécutive à l'épilepsie et à l'alcoolisme.
Jja paralysie générale est la variété de maladie mentale où, si -la mort ne se produit pas dans la première période, l'on peut être sûr de trouver des altérations morbides. Les membranes sont très œdématiées ; l'arachnoïde est plus ou moins épaisse et opaque. La pie-mère adhère à la surface du cerveau, dont on arrache des fragments quand on l'enlève, et il existe un ramollissement gris rouge ou bien une décoloration des couches corticales avec induration superficielle, due à une augmentation du tissu conjonctif et à la destruction des éléments nerveux. Il est fréquent d'observer un degré plus ou moins grand d'atrophie du cerveau et surtout des circonvolutions, accompagnée d'une fermeté plus grande des tissus, d'une dilatation des ventricules et d'un épanchement séreux dans ceux-ci. Une pachyméningile diffuse, des épanchemenls considérables de sang dans les membranes ou les néo-membranes, tels qu'ils ont été décrits par Virchow et Rokitansky, ne sont pas rares ; et ces épanchements sont sans doute la cause des attaques apoplectiformes qu'on observe dans les dernières périodes de la maladie. La dégénérescence de la substance nerveuse par suite de la prolifération du tissu conjonctif a été observée par Rokitansky et d'autres jusque dans la moelle épinière; mais récemment Westphal a mis en doute ia démonstration satisfaisante de l'existence de l'augmentation du tissu conjonctif dans les substances blanche et grise du cerveau, bien qu'il ne doute pas de sa présence dans les faisceaux postérieurs de la moelle. Les lésions décrites sont cer-