VI PRÉFACE
est de ceux qui ont été — ' suivant le mot de Voltaire sur Spinoza — moins lus que célébrés. En France^ du moins, il se trouve trop peu de personnes qui aient, je ne dirai pas dépouillé, mais simplement consulté les cinq in-octavos dont se compose son principal ouvrage. En Allemagne même, où ce grand traité eût dû être mieux connu, puisqu'il est écrit en allemand, il ne semble pas qu'on lui ait toujours rendu justice. Cela tient-il à ce que Fauteur^ qui est Russe et habita longtemps en Courlande, a vécu en dehors des milieux où s* élaborent le plus grand nombre des doctrines sociologiques? ou bien devrait- on l'attribuer à l'étendue de son œuvre, qui eût pu gagner à être condensée ? toujours est-il que le livre parait peu familier au public, et peut-être même à nombre de sociologues.
C'est pourtant un travail considérable que ces Pensées sur la Science Sociale de l'Avenir, qui forment Técrit capital de M. de Lilienfeld. Le titre en indique déjà la direction novatrice. Successivement, Fauteur y passe en revue la société humaine considérée comme un organisme réel, les lois sociales, la psycho-physique sociale, la pTiysioIogie sociale, pour terminer par un essai de théologie naturelle. On trouvera les indications bibliographiques relatives à ces divers volumes dans l'une des premières notes de l'Introduction qu'a mise l'auteur au présent ouvrage (page xiv). Nous ne pouvons songer à donner ici un exposé complet de la doctrine qui y est contenue. Bornons-nous à en indiquer l'esprit général et l'orientation.
Le système de M. de Lilienfeld repose sur l'&ësimilation de la société humaine et de l'organisme vivant. Dans cette comparaison, où la plupart des esprits ne trouvent qu'une métaphore, notre auteur voit une vérité scientifique — ce' dont nous le lout)nSj pour nôtre part; sans réserve.