‹ La pathologie socialeChapitre 28 sur 48 · XXXVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXVIII INTRODUCTION

La meilleure preuve de cette vérité, c'est la religion chrétienne qui nous la fournit. Dès qu'il est devenu une puissance sociale, le christianisme s'est constitué comme église. Et l'église chrétienne n'a-t-elle pas son économie, son droit et sa hiérarchie unificatrice à l'égal des associations laïques? Elle représente un corps réel qui manifeste simultanément les trois sphères inséparables de tout organisme social. Il en est de même de tout corps scientifique, tel qu'académie^ université, et de tout institut d'art, tel qu'une académie de musique, des beaux-arts, etc. Même la propagation des idées, des livres, des objets d^art hors de toute organisation spécifique implique toujours, quoique fugitivement, un moment économique, une délimitation d'objets et de personnes, ainsi qu'un centre d'action. Ces moments représentent les embryons des sphères économique, juridique et politique des associations et des corps constitués. Ils n'en sont pas moins aussi réels que ceux-ci.

Les lois sociales fondamentales, ainsi que la classification naturelle des phénomènes sociaux, une fois établies, tâchons de nous rendre compte des modulations principales qu'elles subissent dans leurs manifestations sous l'influence des facteurs physique et psychique et du milieu ambiant matériel et social.

Il faut remarquer, d'abord, que l'évolution, tant progressive que régressive, peut embrasser simultanément tous les facteurs de la formule, et alors elle est générale; ou bien elle n'a lieu que par rapport à un seul ou à une partie

Page 1