‹ La pathologie socialeChapitre 27 sur 48 · INTRODUCTION XXXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXVII

a remporté la victoire sur la Chine, grâce aux lumières et aux moyens que lui a prêtés la civilisation européenne. Electrisé par ces lumières, le système nerveux de la nation japonaise a acquis une| énergie d'expansion qui a étonné le monde. Mais elle ne représentera qu'un feu de paille si Fincitation n'est qu'éphémère et si elle ne laisse pas de traces plus profondes dans les éléments nerveux dont est formée la société japonaise. L'influence civilisatrice de l'Europe, par contre, n'a même pas effleuré superficiellement le système nerveux de la nationalité chinoise. Son inertie Ta rendue incapable de réagir contre les mêmes réflexes qui ont si vivement impressionné son adversaire. Pour celui-ci, les idées européennes ont eu une valeur sociale parce qu'elles se sont réalisées en énergies nerveuses et matérialisées en utilités échangeables, ne fut-ce que sous la forme des moyens d'attaque et de défense. Ce n'est que de ce point de vue que les idées et les utilités, comme nous venons de le dire, peuvent faire l'objet de la Sociologie.

L'histoire des religions étudie l'évolution de l'idée religieuse par elle-même ; l'histoire de la philosophie^ les systèmes philosophiques dans leur développement consécutif; chaque science a son histoire ; il en est de même de la civilisation en général^ considérée comme l'évolution des énergies psychiques de l'humanité à travers les siècles. La Sociologie s'appuie sur les résultats acquis par toutes ces disciplines, mais elle ne les considère qu'en tant qu'ils se sont manifestés comme des puissances sociales. Et comme telles elles n'ont jamais pu et ne pourront se manifester dans l'avenir que dans les sphères économique, juridique et politique, et en conformité avec la triple loi de progrès, de regrès et de capitalisation des énergies psychiques que nous avons énoncée.

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