PRÉFACE IX
Nous le pensons pour notre compte, et nous renvoyons sur celte question à ce que nous avons écrit dans notre ouvrage intitulé Organisme et Société.
Ce point n'est pas, d'ailleurs^ le seul sur lequel nous nous séparerions de M. de Lilienfeld. Par exemple, nous ne sommes pas convaincu que les faits sociaux se puissent tous ramener aux trois grandes catégories distinguées par lui : faits économiques, juridiques et politiques. Les phénomènes de la vie domestique, d'une part, les phénomènes intellectuels, moraux, esthétiques et rehgieux, de l'autre, nous paraissent constituer des séries indépendantes des trois précédentes. Et surtout, nous ne voudrions placer le problème des correspondances organico-sociales que sur le terrain de la pure science, en excluant toutes les considérations métaphysiques et surtout théologiques, qui tiennent une assez grande place dans l'œuvre de notre auteur. C'est à cette seule condition que, à notre avis, la théorie de Forganisme social pourra se défaire de ce caractère vague et imprécis qu'elle avait chez Schelling et Hegel, pour miériter de devenir une partie intégrante de la philosophie scientifique contemporaine. Et c'est par là seulement que cet organisme social apparaîtra avec cet aspect concret que M. de Lilienfeld lui-même tient, si justement, à lui faire reconnaître.
En dépit, d'ailleurs, de ces quelques dissentiments^ nous tenons en haute estime le grand ouvrage du savant écrivain. Et nous l'avons, tout le premier, encouragé à donner à ses Pensées un complément, en composant le présent livre. C'est par nos soins qu'une partie de son Introduction à été présentée au premier Congrès de l'Institut International de Sociologie, et que plusieurs de ses chapitres ont