‹ La pathologie socialeChapitre 8 sur 48 · II W · texte numérisé non relu

II W

Quoique Tidée d'une science sociale générale^ embrassant tous les cdtès/toutes les sphères de la vie, tant économique que juridique et politique, de la société humaine, aie pris naissance depuis quelque temps, cette science elle-même n'a pas trouvé, jusqu'à aujourd'hui, de base solide sur laquelle elle aurait pu s'asseoir, à l'égal des sciences qui ont pour objet les phénomènes de la nature. Ces dernières elles-mêmes ont passé par des siècles de tâtonnements indécis, de fluctuations incertaines, à la merci des idées théologiques, philosophiques ou étroitement utilitaires qui ont prévalu à différentes époques et sur les différents points de notre globe. L'esprit humain^ flottant entre le ciel et la terre, s'épuisa longtemps à faire et à refaire toujours le même travail scientifique par la construction de systèmes dont les uns étaient souvent la négation complète des autres. La science elle-même, au milieu de ces efforts infructueux, restait stationnaire.

La cause de cet état de choses quant aux sciences naturelles, nous la connaissons : c'est le manque de méthode, ou plutôt la fausseté des méthodes employées à la recherche

(1) Les pages qui constituent la section II de la présente Introduction, ont été empruntées à un mémoire de l'auteur sur c la méthode d'induction ou méthode organique appliquée à l'élude des phénomènes sociaux », mémoire présenté au premier Congrès de Sociologie tenu à Paris en 1894, et inséré dans les Annales de rinstitut international de Sociologie (t. I, 1895, p. 39 et suiv.).

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