INTRODUCTION XVII
des lois de la natare. Observations hâtives et superficielles d*un côté^ généralisation et déduction prématurées et nébuleuses de l'autre, voilà ce qui a troublé, pendant des siècles, la vue aux esprits, même les plus éminents, dans leurs efforts pour expliquer la genèse et la connexion des phénomènes de la nature. C'est au grand philosophe Bacon de Verulam^ que la science est redevable de la destruction des fausses idoles créées par l'ignorance^ les préjugés et les passions humaines, idoles qui obstruaient la marche de l'intelligence humaine dans le domaine scientifique. Et le chemin une fois ouvert par Tapplication de la méthode d'induction à Tétude des phénomènes de la nature, c'est dans un certain ordre hiérarchique que les sciences naturelles se sont définitivement constituées : la mécanique d'abord ; puis la chimie, s'appuyant sur celle-ci; puis la physiologie, âUe de- la chimie ; puis la biologie, se fondant sur les découvertes de la physiologie et de la morphologie organiques ; enfin la psychologie positive, comme résultante de celles-ci et des vérités acquises par la biologie générale.
De nos jours^ ce sont les sciences sociales qui se débattent encore infructueusement dans le même milieu, d'où se sont déjà dégagées les sciences naturelles. Entourées d'un immense amas presque chaotique de faits et de chiffres, et 43e livrant en même temps à des spéculations théoriques en contradiction avec la réalité des choses, les différentes disciplines sociales n'ont pu trouver, jusqu'à aujourd'hui^ de base commune à toutes pour construire un édifice un tant j8oit peu solide. Tous les esprits qui s'intéressent à la soluftion des questions sociales souffrent douloureusement de cet état d'incertitude et de stérilité. Presque tout le monde -est d'accord que c'est le manque ou la fausseté des méthodes ^employées à l'étude des phénomènes sociaux qui en est la