‹ La patrie de saint Jean-Baptiste, avec un appendice sur ArimathieChapitre 9 sur 50 · III. — Bethléem · texte numérisé non relu

III. — Bethléem

Bethléem est aussi comptée parmi les villes qui ont vu naître saint Jean-Baptiste ; mais cette opinion c[ui semble ne se manifester qu'au xi*^ siècle, dans l'ouvrage de Georges Cédrénus, n'a jamais trouvé grand écho nulle part. « Lorsque l'ange se fut retiré, écrit cet historien, Marie se rendit dans les montagnes, savoir à Bethléem (qui est en effet située à une plus grande altitude que Nazareth), et elle salua Elisabeth (1). »

Vers la même époque, Epiphane l'Hagiopolite, dans sa description de la Palestine, indique la patrie de saint Jean-Baptiste « au mont Kârem, à environ six milles à l'ouest de Jérusalem (2). » Mais dans la Vie de la Sainte Vierge qu'on lui attribue aussi, on trouve également le singulier raisonnement qu'a fait Cédrénus : « Après l'apparition de l'ange, y lit-on, la Sainte Vierge se rendit aussitôt à Bethléem, auprès d'Elisabeth. La Judée où se trouve Bethléem est plus élevée que la Galilée qui renferme Nazareth : voilà pourquoi Luc écrit : Or, Marie s'en alla en hâte à la région montagneuse (3). » Dans ce même livre^ remarque M. l'abbé Heidet, Gethsémani et Sion, Phiala et le lac de Génésareth sont déclarés « une seule et même chose », ce qui montre que les données géographiques ne sont pas moins apocryphes que les récits (4).

(1) Hist. comp., ap. Mignc, Pair, gr.-lat., t. CXXI, col. 363.

(2) Enarratio Syriœ, elc , ap. iMignc, op. cit , t. CXX, col. 263.

(3) De vita B. M. F., ap. iMigne, op, cit., t. CXX, col. 199.

(4) Dict. de la Bible de Vigouroux, t. II, col. 202, art. Carem.

Voici en quels termes Tolète a jugé celte opinion : (( Quelques écrivains affirment que la ville de Juda de saint Luc est Bethléem, parce cjue dans certains exemplaires grecs on lit : in civitatem David. Si cette leçon était la vraie, il n'y aurait plus lieu d'en douter, puisque nous lisons dans saint Jean, VII, 42 : L'Ecriture ne dit-elle pas que le Christ doit venir de la race de David et du bourg de Bethléem d'où était David? Mais comme presque tous les exemplaires grecs et latins portent in civitatem Judœ et que tous les anciens docteurs l'ont interprété dans ce sens, il n'est pas admissible que saint Luc parle de Bethléem (1). »

M. C. Tischendorf ne connaît qu'un exemplaire où le mot de Juda est remplacé par celui de David (2). Il est, du reste, inutile d'y insister; cette opinion est à peu près abandonnée aujourd'hui.

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