‹ La Patrie en dangerChapitre 19 sur 111 · ACTE I, SCÈNE VIII. M · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VIII. M

Comme à l'héritière de notre sang, vous pourrez encore faire bonne figure, mener le train qu'il faut, et porter convenablement la dignité de votre état. Le père de celui que vous épousez lui donne dix-huit mille livres de rente en Flandre, et la compagnie de cavalerie qu'il lui a achetée l'année dernière. Vous aurez les diamants de la mère, qui sont fort beaux... Tout cela vous fera, ma chère enfant, une fort jolie entrée de jeu. Vous n'êtes pas née sans agrément, voire mari est un homme d'excellente compagnie... Il est à penser qu'il vous aimera et que vous serez heureuse avec lui... Vendredi, vous paraîtrez en grande loge à l'Opéra, pour la déclaration de votre mariage. Ne rougissez pas plus qu'il ne faut et ne paraissez pas trop étonnée d'être lorgnée par toute la salle. Notre rang, la famille dont vous êtes, celle à laquelle vous allez vous allier, vous donnent vos entrées à la cour... vous serez présentée. Le Roi, qui sait son histoire de France, vous en rappellera sans doute une page où est votre nom. La reine ne vous laissera pas embrasser son bas de jupe, et vous relèvera avec un de ces mots qu'on n'oublie pas. Le comte d'Artois trouvera que vous ê!es à ravir...

LE COMTE

Et Monsieur te le dira peut-être en vers...

LA CHANOINESSE

Mesdames vous marmotteront quelques mots de compliment, où vous n'entendrez rien. Répondez-leur respectueusement, ma nièce... ce sont des saintes!... Ma nièce, vous allez aborder le monde ; c'est une grande épreuve. Vous avez le bonheur d'y entrer avec des principes et

des exemples qui, j'ose le dire, vous commandent cette grande et haute honnêteté des gens bien nés... l'honneur. Gardez-y toute votre religion... voilà tout ce que j'avais à vous dire, Blanche...

Ma tante... je tâcherai d'être digne des miens...

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