‹ La Patrie en dangerChapitre 23 sur 111 · SAINT-MÉARD · texte numérisé non relu

SAINT-MÉARD

Toi! comte, je t'assure...

LE COMTE

Je baissais, mon cher, ... Non, je n'avais plus cette légèreté d'ironie. . ces jolis coups de fouet que je cin-

glais si lestement en pleine figure de jacobins; à la iïn, je perdais le sang-froid, mes épigrammes tournaient au coup de bâton... J'avais l'air d'écrire avec ma canne... Non, vois-tu, nous ne sommes pas nés pour cela... On a beau faire, quand on a porté l'épée, la main reste toujours un peu lourde... Enfin, pour des pamphlétaires de hasard et de bricole, nous ne nous en sommes pas encore trop mal tirés, il me semble; qu'en dis-tu, chevalier?

MEUDE-MONPAS.

Moi, je dis que tu n'es pas juste pour toi-même, et que ton journal aura été le testament de ce rire sans peur que la France aimera toujours comme un de ses courages.

LE COMTE

Peut-être bien... Enfin, si la monarchie doit périr, eh bien , elle périra du moins avec des gens qui auront mis de la gaieté à se sacrifier, et de la grâce à mourir. Morbleu ! c'est quelque chose. . . La chanoinesse ma sœur, a parfois de bonnes idées, c'est elle qui, après ce gueux de décret contre les libellistes, quand Gattey hésitait à nous imprimer, a découvert et loué cet hôtel, à deux pas des Tuileries, et fait monter les presses qui nous ont permis de continuer notre guerre de papier.

SALNT-MKARD.

Une campagne qui t'aura bien amusé, avoue-le, comte ?

LE COMTE

Oui... à berner les pantins d'une révolution; il y a de si bons moments, mon cher! Quelle joie à les égratiguer, à les éclabousser, à les peinturlurer, ces bous constituants, ces honnêtes législatifs, et toute la jacobi-

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