‹ La Patrie en dangerChapitre 55 sur 111 · SCÈNE VIÏÏ · texte numérisé non relu

SCÈNE VIÏÏ

PERRIN, le CONSEIL

BLOSSEVJLLE.

Mais, commandant, l'illusion n'est plus possible... A l'heure qu'il est, la place est intenable.

VOGNET.

Oui, intenable.

PERRIN

Comment! monsieur Blosseville , monsieur Vognet, c'est vous qui dites cela? Et votre déclaration, dont l'encre est à peine sèche, disait que Verdun était en état de soutenir le siège...

LÀPALLU.

Tout est changé depuis.

n LA PATRIE EN DANGEK.

PERRIN

Comment? changé! Qu'est-ce qui peut être changé ici, expliquez-le-moi, quand je me sens toujoursle même, moi?

lapallu.

Commandant, des trente-deux canons dont vous parlait l'envoyé du roi de Prusse, la plupart sont déjà hors d'état de répondre au feu de l'ennemi... La place peut donc être enlevée au premier assaut... Dans cette situation, n'est-il pas évident qu'il vaut mieux conserver à la nation une garnison de quatre mille hommes que de retarder d'un jour la prise de la ville?

PERRIN

Messieurs, vous deviez prévoir tout cela...

VOGNET.

Nous comptions sur une division de Luckner, mais il ne veut envoyer ni un homme, ni un canon, par celle raison que, dans l'état de la place, ce serait les livrer à l'ennemi.

LAPALLU.

Nous comptions sur les deux bataillons que nous avait promis Dumouriez : ils ont été devancés par les troupes d'investissement, et je viens d'apprendre que Galbaud, trouvant la route de Varennes interceptée par un corps considérable, a rebroussé chemin.

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